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Iran Focus, 30 août - Des centaines de familles ont afflué, vendredi 28 août, vers le cimetière de Khavaran (banlieue sud de Téhéran) pour commémorer la mémoire de leurs proches massacrés par milliers il y a vingt ans dans les prisons iraniennes. Les forces de sécurité de l’Etat sont intervenues massivement pour empêcher le rassemblement des proches de ce qui est communément appelé le « massacre des prisons » en Iran. D’après les témoins, plusieurs participants ont été arrêtés. Cette grande tragédie de l’histoire contemporaine de l’Iran, survenue durant l’été 1988, est l’occasion du recueillement des proches au cimetière de Khavaran où les victimes ont été enterrées dans des charniers. Toutefois, cette année a été marqué par une mobilisation plus sensible des familles qui ont tenté de rejoindre Khavaran sous forme de groupes nombreux. Or, depuis deux jours les alentours et les routes menant à ce cimetière situé dans la banlieue sud de Téhéran avaient été bouclé par forces du gouvernement qui craignaient que ce genre de manifestation ne jette la lumière sur une des pages les plus sombres de l’Iran. Le « massacre des prisons » fait partie des sujets tabous pour les autorités iraniennes, une « limite » à ne pas franchir. La transgression provoque une réaction furieuse de la part des autorités dont certaines ont été directement ou indirectement impliquées dans ce « crime contre l’humanité » dont les victimes s’élèvent à 30.000 et la plupart étaient affiliées à l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, la principale force d’opposition dans ce pays. Récemment, dans un rapport publié le 19 août 2008, Amnesty International avait demandé au « gouvernement iranien actuel de ne pas empêcher les proches des défunts de se rendre au cimetière de Khavaran dans le sud de Téhéran ou de marquer cet anniversaire aux environs du 29 août en demandant justice pour les êtres chers qu'ils ont perdus. » Amnesty International avait également exigé « que les responsables du ‘massacre des prisons’ soient tenus de rendre des comptes. Il ne devrait pas y avoir d'impunité pour des violations des droits humains aussi manifestes, quelle que soit la période à laquelle elles ont été commises. » « Le droit international relatif aux droits humains requiert » qu'une enquête soit menée « de manière exhaustive et impartiale sur les violations du droit à la vie telles que celles qui ont été commises lors du « massacre des prisons », qui a débuté en 1988 et s'est poursuivi pendant l'année qui a suivi ; les autorités sont tenues d'identifier les responsables de ces agissements et de les déférer à la justice », avait ajouté l’organisation de défense des droits de l’Homme. « Les responsables de ces homicides – qui constituent une des pires violations des droits humains commises en Iran – doivent être poursuivis en justice et jugés par un tribunal légalement constitué offrant toutes les garanties d'une procédure régulière, conformément à ce que prévoient les normes internationales d'équité des procès », avait conclu AI.
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