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06-12-2006 |
Libération.fr, 5 décembre – Par Antoine Daccord - L’Iran allonge sa liste noire de sites Internet censurés. Selon le quotidien britannique «The Guardian», les surfeurs iraniens ne peuvent plus, depuis lundi, visiter YouTube (vidéos), le «New York Times» ou encore Amazon.
Des instructions ont été transmises à tous les fournisseurs d’accès Internet du réseau iranien, les incitant à filtrer des données précises de la toile afin de bloquer l’accès à ces sites faisant partie des plus visités au monde. Cette censure s’inscrit dans la continuité d’une mesure mise en œuvre fin octobre 2006 interdisant l’Internet haut débit, supérieur à 128 Kbit/s, en vue d’empêcher l’accès à certains produits culturels étrangers jugés «dépravés». D’après des tests de Reporters sans Fontières, la version anglaise de l’encyclopédie libre Wikipédia, bloquée depuis quelque temps dans sa version kurde, a également été fermée, puis récemment débloquée.
«Ces mesures sont en train de transformer un média mondial qui devait être celui de la compréhension entre les peuples en un média de l’intolérance», analyse Julien Pain, du Bureau Internet et libertés de RSF. «La politique du gouvernement iranien suit celle du gouvernement chinois. Ces pays s’inspirent les uns les autres sur la façon de bloquer l’information de l’Internet. Ils filtrent les sites d’actualités et se focalisent sur les produits culturels à destination de la jeune génération. Il sont en train de couper leurs internautes du reste du monde en suivant tous le même mode de contrôle.»
Avec 7,5 millions d’internautes, l’Iran, qui a rejoint le mois dernier les 13 pays jugés «ennemis d’Internet» par RSF, détient le plus grand nombre de connexions au Proche-Orient après Israël. Les blogs connaissent un vrai succès en Iran et ont pris le rôle de «presse libre» pour faire face à la presse réformiste iranienne. Mais une vague de mesure d’intimidations, voir d’incarcération, vise les milliers de bloggers iraniens derrière leurs claviers.
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