Rafsandjani (ancien président du régime iranien) décède à l’âge de 82 ans

Rafsandjani (ancien président du régime iranien) décède à l’âge de 82 ans

Iran Focus – Londres, le 9 janvier – Ali-Akbar Hashemi-Bahramani, connu sous le nom de Rafsandjani, a décédé le dimanche 8 janvier 2017 dans un hôpital au nord de Téhéran. Il était un personnage très important du régime iranien depuis 1979 jusqu’à nos jours. Après la mort de Khomeini, Rafsandjani a constamment été l’un des deux principaux piliers du régime iranien. Il a toujours joué un rôle important dans le maintien des équilibres interne et externe de ce régime.

Rafsandjani est né le 25 août 1934 dans le village de Bahreman, situé près de la ville de Rafsandjan (dans la province de Kerman, au sud de l’Iran). Après des études de théologie à Qom où il était élève de Khomeini, il est entré en politique.

Au début de la Révolution de 1979, il est devenu le bras droit de Khomeini. Il a notamment été membre du « Conseil de la Révolution islamique » et ministre de l’Intérieur. Aussi, il a fait partie des fondateurs de l’Association « Clergé combattant » et du parti « République islamique ».

Il a soutenu le « Corps des gardiens de la Révolution » dès les premiers jours de la Révolution. Il a également soutenu les gangs qui ont repris l’ambassade des États-Unis à Téhéran en 1980. La crise des otages – survenue un an et demi après la Révolution de 1979 – s’est transformé en un fiasco politique et économique pour le régime iranien et l’Iran a dû payé d’importantes indemnités aux anciens otages américains.

Rafsandjani a joué un rôle essentiel lors des cinq élections qui ont eu lieu en 1980 et lors de chaque élection, il a fait en sorte que tous les opposants de Khomeini soient éliminés de la scène. Il a joué un rôle clé dans la rédaction de la Constitution de la République islamique. Aussi, il a été le premier président du Parlement après la Révolution en Iran.

Rafsandjani a joué un rôle actif lors des affrontements politiques qui ont eu lieu pendant une période de deux ans et demi après la Révolution. A partir du 20 juin 1981, le régime iranien a supprimé toutes les libertés et par la suite, l’atmosphère politique dans le pays est devenue très violente.

Rafsandjani fait partie des responsables du massacre des prisonniers politiques dans la décennie 1980, laquelle a été la décennie la plus sanglante dans l’histoire du régime iranien.

Pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), il était presque le commandant absolu et incontesté des forces armées du régime iranien. Il a utilisé la tactique de « soldats jetables » qui consistait à envoyer sur des champs de mines plusieurs milliers d’enfants et d’adolescents.

Pendant la guerre Iran-Irak, il a établi des contacts secrets avec des Américains et des Israéliens qui ont fourni au régime iranien des armes et des munitions. Aux États-Unis, cette affaire est appelé « le scandale Iran-Contra ».

Après la guerre, Rafsandjani a été le complice de Khomeini dans le massacre de plus de 33 mille prisonniers politiques et militants de l’Organisation des Moudjahidin du peuple d’Iran (OMPI), un crime qui a ensuite été nommé « le massacre de 1988 ».

Rafsandjani et Khamenei ont été les fondateurs du projet atomique des mollahs, un projet qui a déjà couté à l’Iran plusieurs centaines de milliards de dollars.

Rafsandjani a été le fondateur et le président à vie du « Conseil du discernement de l’intérêt du régime ». Aussi, il a été le principal orateur de la cérémonie de « prière du vendredi » à Téhéran pendant presque trente ans.

Sous la présidence de Rafsandjani, de nombreux intellectuels et figures politiques ont été assassinés à l’intérieur de l’Iran par des agents du ministère des renseignement des mollahs. Le but de ces « assassinats en série » était d’instaurer un climat de terreur dans le pays. Rafsandjani a aussi été désigné comme le commanditaire de l’assassinat en Allemagne des opposants kurdes iraniens (dans le restaurant Mykonos), l’assassinat de Kazem Radjavi en Suisse et d’un attentat à la bombe en Argentine.

Rafsandjani est devenu le président du régime des mollahs après la mort de Khomeini. Par la suite, il a souvent eu des relations tendues avec Khamenei (le successeur de Khomeini) car chacun d’eux voulait avoir une plus grande part dans le pouvoir.

Rafsandjani a tenté de revenir sur le devant de la scène à la fin de la présidence d’Ahmadinejad, mais étant donné son impopularité, il n’a pas pu participer comme candidat aux élections présidentielles.

Rafsandjani quitte définitivement la scène alors que le l’Iran est confronté à de nombreuses crises économiques et sociales et que le régime iranien et ses pasdaran sont impliqués dans plusieurs guerres à l’extérieur du pays. La situation intérieure de l’Iran est tellement incertaine que même la famille de Rafsandjani ne se sente plus en sécurité dans le pays.