Des parlementaires français appellent à la fermeté à l’occasion de la visite en Iran du MAE, Jean-Marc Ayrault

Il faut « leur rappeler la position constante de la France sur la situation des droits de l'homme et sur la peine de mort comme sur le nécessaire respect des valeurs et des principes démocratiques, comme l'avait déjà fait le Président de la République, François Hollande, à Hassan Rohani lors de sa visite officielle à Paris le 28 janvier 2016 » déclare le CPID dans le communiqué cosigné par son président Dominique Lefebvre (PS) et son vice-président Michel Terrot (LR).

Jean-Marc Ayrault se rendra en Iran les 30 et 31 janvier. Il fera le point avec ses interlocuteurs sur la mise en œuvre de l’accord de Vienne du 14 juillet 2015, auquel la France a fortement contribué, selon le Quai d’Orsay. Il soulignera l’importance pour toutes les parties à l’accord de respecter strictement leurs engagements.

Le CFID qui regroupe plusieurs dizaines de députés de gauche comme de droite, se félicite que la France, ait soutenu « la résolution adoptée en décembre 2016 par l’Assemblée générale des Nations unies condamnant les violations des droits de l’Homme en Iran, dont la poursuite de nombreuses exécutions capitales et la discrimination envers les femmes et les minorités. »

Mais le Comité parlementaire considère pour sa part que l'amélioration de la situation des droits de l'Homme en Iran doit être une condition préalable de tout développement de relations diplomatiques et commerciales avec le régime en place à Téhéran et que celles-ci devront être mesurées à l’aune de l'arrêt des exécutions, de la libération des prisonniers politiques et au respect de la liberté d'expression et d’association. ».

Les parlementaires français estiment qu’au moment où l’Iran a plus que jamais besoin de relations économique avec l’Occident, une politique réaliste vis-à-vis de ce pays ne peut reposer que sur un équilibre qui tienne compte des revendications démocratiques du peuple iranien dont rien ne permet de penser qu’il serait, demain, bénéficiaire d’une ouverture économique du pays dont les différentes factions – notamment les Pasdarans ( les Gardiens de la révolution)- au pouvoir ont bien l’intention de capter le bénéfice. ».

Le Quai d’Orsay annonce que lors de cette visite le rôle de l’Iran dans la région à la lumière des crises en Syrie, au Yémen ou en Irak sera évoqué. Le ministre réaffirmera que ces conflits doivent être réglés par la voie politique afin de permettre au Moyen-Orient de retrouver le chemin de la paix et de la stabilité et de renforcer la lutte contre le terrorisme.

Sur ces questions, le CPID considère dans son communiqué que « l'Iran ne peut à ce jour en aucun cas constituer un partenaire fiable dans le combat pour éradiquer le phénomène néfaste de l'intégrisme islamiste au Proche et au Moyen-Orient », et qu’il est essentiel « pour la sécurité internationale et la stabilité de la région de faire en sorte que l'Iran cesse toutes ses activités déstabilisatrices et dangereuses. »

Le Comité parlementaire estime qu’une expression claire de fermeté, comme cela a été le cas dans le cadre de la négociation sur l'accord sur le nucléaire, placera au demeurant la France dans une meilleure situation par rapport à ses interlocuteurs iraniens.

Une délégation d’une soixantaine d’entreprises françaises, devrait accompagner le ministre, dont certaines signeront avec leurs partenaires iraniens des accords. Toutefois les échanges économiques avec l’Iran sont handicapés par les crises internes du régime.

Selon Mohammad Amin chercheur associé à la Fondation d’Etudes pour le Moyen-Orient (FEMO) « l’accord sur le programme nucléaire (JCPOA/ Plan compréhensif d’action conjointe) entre l’Iran et six puissances mondiales, et le fait que la levée des sanctions et l’augmentation de l’exportation du pétrole iranien n’ont pas eu vraiment d’effet sur la récession de l’économie du pays. »

Selon Amin qui a publié un rapport sur l’emprise du Guide suprême et des gardiens de la révolution (les Pasdaran) sur l’économie iranienne, une crise systématique que ne peut être réduite aux seules conséquences des sanctions internationales ronge ce pays. Il dénombre 14 empires économiques qui traitent pratiquement tous les secteurs, et sur lesquels plane l’ombre des Pasdarans et menace un avenir sain pour l’économie iranienne mais aussi pour le futur des entreprises étrangères en Iran.

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