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L'Arabie exclut tout dialogue avec l'Iran, défend son intervention au Yémen

L'Arabie exclut tout dialogue avec l'Iran, défend son intervention au Yémen

Avec AFP - Le puissant vice-prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a exclu tout rapprochement avec l'Iran, qu'il a accusé de vouloir dominer le monde musulman, et défendu l'intervention de son pays au Yémen, dans une interview diffusée mardi soir.

"Comment peut-on s'entendre avec un régime qui a une idéologie extrémiste (...) et une volonté profonde de dominer le monde musulman et d'y répandre la confession chiite ?", s'est demandé le responsable saoudien qui était interrogé sur la possibilité d'un rapprochement avec l'Iran.

Il a estimé qu'"il n'existe pas de points de convergence avec le régime" iranien qui a, selon lui, pour "principal objectif" de nuire à l'Arabie saoudite, puissance régionale sunnite.

Le prince Mohammed, interviewé sur la télévision saoudienne MBC, a affirmé que l'Iran n'avait jamais été sincère envers son pays et que toutes ses tentatives de rapprochement avaient été des "comédies".

Après la tragique bousculade qui avait coûté la vie à près de 2.300 fidèles, dont 464 Iraniens, lors du Hajj en 2015, Téhéran avait contesté l'organisation par les Saoudiens du grand pèlerinage musulman annuel.

L'Arabie saoudite a rompu il y a un an ses relations diplomatiques avec l'Iran, qu'elle accuse d'ingérence dans les affaires des pays arabes et d'attiser les conflits en Syrie, en Irak, au Yémen et à Bahreïn.

Sur le Yémen, le prince Mohammed qui est également ministre de la Défense, a assuré que son pays n'avait pas d'autre choix que d'intervenir militairement pour soutenir le président Abd Rabbo Mansour Hadi.

"Il y a eu un complot contre le pouvoir légitime et l'émergence de milices terroristes qui menaçaient la navigation maritime internationale", en mer Rouge a-t-il dit à propos des rebelles yéménites houthis.

"On peut déraciner en quelques jours les houthis et leur allié (l'ancien président Ali Abdallah) Saleh, mais le coût serait des milliers de morts parmi nos soldats et celui des pertes parmi les civiles au Yémen trop élevé".

Une "guerre de longue haleine est dans notre intérêt", a souligné le prince saoudien, affirmant que la coalition arabe que dirige l'Arabie saoudite au Yémen avait l'avantage de pouvoir s'approvisionner en armes et en munitions et de financer ses opérations.