Le régime iranien et les gardiens de la révolution dans la ligne de mire de la nouvelle politique américaine

Le régime iranien et les gardiens de la révolution dans la ligne de mire de la nouvelle politique américaine

Avec agences - Le Président américain, Donald Trump a annoncé vendredi qu'il ne "certifierait" pas le fait que Téhéran respecte ses engagements en ce qui concerne l’accord nucléaire.  Il a cependant précisé que les Etats-Unis ne se retireraient pas pour l’instant de l'accord international sur le nucléaire iranien, mais a posé des conditions pour maintenir son pays dans cet accord.

Le président américain est amené à certifier tous les 90 jours, que le régime iranien respecte bien l’accord. La "non-certification" des engagements iraniens lance la balle dans le camp du Congrès américain qui devrait décider dans deux mois si de nouvelles sanctions seront engagées contre Téhéran.  Le président américain a appelé les autres pays signataires de l'accord - Russie, Chine, France, Allemagne, Royaume-Uni, à faire preuve de plus de fermeté contre la théocratie iranienne.

"Dans l'éventualité où nous ne serions pas capables de trouver une solution en travaillant avec le Congrès et nos alliés, alors l'accord prendrait fin", a précisé Donald Trump. 

Donald Trump a souligné que son administration souhaitait supprimer les échéances en vertu desquelles les restrictions pourraient être levées après 2025.

Le Président américain n’a pas eu les mots doux pour désigner le régime iranien : la "dictature iranienne", et l'un des principaux "soutiens au terrorisme" dans le monde. Téhéran "sème la mort, la destruction et le chaos à travers le monde ». 

Les Gardiens de la révolution désignés comme entité terroriste

Le président américain a défini sa nouvelle stratégie envers l’Iran, en annonçant de nouvelles sanctions "dures" contre les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime iranien, pour son “soutien au terrorisme". Les Gardiens de la révolution "ont détourné de vastes parts de l'économie iranienne et saisi les dotations religieuses pour financer la guerre et la terreur à l'étranger", a-t-il précisé.

Ce discours a été suivi immédiatement suivi par le Trésor américain à désigner les Gardiens de la révolution comme une entité terroriste et de déclencher des mesures de « sanction ». Cette inscription du CGRI comme entité terroriste est en vertu de l'ordonnance 13224 du président des Etats Unis sur la liste SDGT (Special designated global terrorists), des terrorsites mondiaux spécialement désignés, et non de FTO (Organisations terroristes étrangères) établie par le Département d’Etat. Mais entraine des sanctions sur l’ensemble des branches et entreprises liés aux Gardiens de la révolution et risque d’entamer sérieusement les entreprises étrangères qui font affaire avec l’Iran.

Rohani apporte son soutien aux Gardiens de la Révolution

Le président des mollahs, Hassan Rohani est immédiatement intervenu à la télévision d’Etat pour apporter son soutien aux Gardiens de la révolution et et affirmer qu'aucune clause ne pouvait être ajoutée à l'accord sur le nucléaire déjà en place et que celui-ci ne pouvait pas être révoqu
é par un seul pays.

Réactions à travers le monde

Les réactions ont été très écartés à travers le monde. « L’Arabie saoudite soutient et salue la stratégie ferme proclamée par le président Trump à l'égard de l'Iran et de sa politique agressive », a affirmé le gouvernement saoudien dans un communiqué cité par l'AFP.

Une « décision courageuse » contre un « régime terroriste » a affirmé le premier ministre Israélien Benjamin Netanyahou.

La responsable de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, très impliqué dans cet accord, a de son côté estimé que l'accord sur le nucléaire iranien auquel Donald Trump entend mettre des entraves « fonctionne ». Paris, Berlin et Londres, signataires de l'accord, ont déclaré rester « engagés » dans celui-ci. « Nous, chefs d’Etat et de gouvernement de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, prenons note de la décision prise par le Président Trump de ne pas certifier de nouveau, devant le Congrès, le respect par l’Iran », peut-on lire dans le  communiqué conjoint du Pre
mier ministre britannique Theresa May, de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français Emmanuel Macron. Quand à Moscou, il dénonce une position « agressive » vouée à l'échec.

La résistance iranienne salut la nouvelle politique américaine

La présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, Maryam Radjavi s’est félicité de la nouvelle politique américaine contre le régime des mollahs.

« La désignation comme entité terroriste des Pasdaran, principal instrument de la répression, de l'exportation du terrorisme et de la prolifération d’armes de destruction massive, est un pas essentiel, qui n’a que trop tardé, vers l'instauration de la paix » a-t-elle affirmé. 

Elle s’est réjouie de voir les Etats-Unis « condamner les violations flagrantes des droits humains » en Iran et à « priver le régime iranien et notamment le Corps des gardiens de la révolution (pasdaran) de financement pour leurs activités néfastes et à s'opposer aux activités des pasdaran qui pillent la richesse du peuple iranien. »

Mme Radjavi a affirmé que la politique des Etats-Unis qui a consisté jusque-là à fermer les yeux sur les violations flagrantes des droits humains en Iran, sur l'ingérence meurtrière du régime dans la région et les concessions qui lui ont été accordées dans le cadre du JCPOA ont été désastreuses et coûté cher au peuple iranien. La partie la plus destructrice de cette politique a été d’inscrire sur la liste terroriste l'opposition légitime au régime, les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), pendant quinze ans à la demande de cette dictature religieuse.

Elle a déclaré qu'une politique de fermeté était attendue depuis longtemps. Cependant, la solution ultime reste le renversement de ce régime et l'établissement de la liberté et de la démocratie en Iran par le peuple iranien et sa résistance. Des années de politique de complaisance ont été le principal obstacle au changement en Iran. Il est temps que la communauté internationale reconnaisse le désir du peuple iranien et se mette à ses côtés en faveur de son droit légitime au changement de régime.

Dans cette optique elle a souligné qu'il est impératif que le Conseil national de la Résistance iranienne soit reconnu comme la seule alternative démocratique à la dictature terroriste et religieuse en Iran pour rectifier la politique désastreuse passée.

« Si les pasdaran avaient été reconnus plus tôt comme entité terroriste et traités en conséquence, a-t-elle affirmé, la situation dans la région en général et en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen et en Afghanistan aurait été totalement différente. Il est temps de sanctionner immédiatement tous les individus, entités, institutions et sociétés affiliées aux pasdaran et leurs contreparties commerciales.

Les pasdaran et leurs institutions contrôlent la majeure partie de l'économie iranienne et profitent directement des relations économiques avec ce régime.

Mme Radjavi a exigé que la nouvelle politique américaine devrait suivre un certain nombre d'étapes pratiques :

« Le dossier des crimes du régime iranien, en particulier du massacre de 30.000 prisonniers politiques en 1988, doit être renvoyé devant le Conseil de sécurité de l'ONU et les dirigeants du régime et les auteurs de ces crimes doivent être traduits en justice.
«  Le régime des mollahs, les pasdaran et leurs milices mercenaires doivent être expulsées d'Irak, de la Syrie, du Yémen, d'Afghanistan et du Liban et les expéditions d’armes et de forces vers ces pays doivent être stoppées.
«  Compte tenu de son soutien au terrorisme et de la persistance des violations des droits humains, le régime iranien doit se voir refuser l'accès aux systèmes bancaires internationaux.
« Les anciennes résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur les projets d'armement nucléaire du régime des mollahs, l'interdiction de l'enrichissement nucléaire ainsi que les inspections libres et inconditionnelles des centres militaires et non militaires doivent être mises en œuvre » a conclut la dirigeante de la Résistance iranienne.