Iran : les affirmations d’une forte croissance économique par le gouvernement de Rohani remises en question par la faction de Khamenei

Iran : les affirmations d’une forte croissance économique par le gouvernement de Rohani remises en question par la faction de Khamenei

À la suite de la déclaration d’une croissance économique de 11,6 % de la part de la banque centrale de Rohani, les experts économiques l’ont décrit comme incroyable alors que la faction rivale l’a remis en question comme un mouvement politique avant l’élection.

Selon les médias affiliés à l’État le 13 mars, contrairement à l’année dernière où la banque centrale avait refusé de publier tout rapport sur la croissance économique du pays, cette année cependant, la banque centrale a publié en ces derniers jours de l’année les détails de la croissance économique pour l’année actuelle tout comme pour ces quatre dernières années tout en changeant ses méthodes de calcul. Selon le rapport de la banque centrale, la croissance économique a fluctué de 3 pour cent en 2012 à 11,6 pour cent pendant les six premiers mois de cette année.

Kayhan de Khamenei a dédié son premier article à ce sujet, écrivant : « une fois de plus, le gouvernement a brisé un record, annonçant une croissance de 11,6 pour cent sur le papier. L’affirmation d’une croissance économique et de la fin de la récession est une histoire répétitive et controversée donnée aux Iraniens par les membres du gouvernement de temps en temps. Selon Rohani, nous avons dépassé plusieurs fois la récession ! Les chiffres annoncés et la réalité économique sont contradictoires et, bien entendu, assez ridicules pour que les gens hochent la tête avec regret. »

Pendant ce temps, l’agence de presse affiliée à l’État Nasim-Online a écrit sur ce sujet : « Une croissance économique de 11,6 pour cent n’est pas crédible. Alors que 60 pour cent de l’industrie du pays ferme, la croissance économique du pétrole est insignifiante. Comment se fait-il qu’après 12 mois, la banque centrale se soit soudain souvenue qu’il fallait annoncer la croissance négative de l’année dernière ? »

De même, un autre journal proche des gardiens de la révolution écrit : « Moins de 70 jours avant l’élection présidentielle, les gens ne peuvent pas voir les effets concrets de l’accord sur le nucléaire. »

D’un autre côté, le porte-parole du gouvernement de Rohni, Nobakht, a répondu aux questions des correspondants sur la croissance économique de 11,6 pour cent en affirmant : « Vous pouvez vous demander comment cette croissance économique a pu être atteinte, mais en faire des tonnes de ces commentaires généralisés et hors de propos n’est pas une approche scientifique ou experte. »

Pendant ce temps, le vice-président de Rohani, Eshaq Jahangiri, a avoué lundi que « la levée des sanctions coïncidait avec une forte baisse des prix du pétrole l’année dernière, ce qui a lourdement affecté le budget du gouvernement. Le pays doit actuellement faire face à des défis majeurs dans au moins six domaines, dont le chômage, le système bancaire, le budget et les ressources en eau. »

De plus, le conseiller économique de Rohani a déclaré il y a un moment que malgré les augmentations d’exportation de pétrole à la suite de la levée des sanctions, les revenus des échanges avec l’étranger n’ont pas augmenté significativement par rapport à l’année passée.

Les incohérences entre les chiffres publiés sur la croissance économique et la réalité économique du régime ont alimenté l’augmentation des conflits au sein du régime à la veille des fausses élections, prouvant la crise économique du régime.