11242017Ven

Urgence absolue pour les 21 grévistes de la faim en Iran

Cela fait maintenant 35 jours que les prisonniers politiques iraniens ont entamé leur grève de la faim. Parmi eux, Abolqassem Fouladvand, Hassan Sadeghi, Saeed Massouri, Reza Akbari Monfared, Jafar Eqdami, Amir Qaziyan, Khaled Heradani, Zaniyar et Loqman Moradi (placés en isolement cellulaire), ainsi que Mohammad Banazadeh Amir-Khizi, Pirouz Mansouri, Majid Assadi et Payam Shakiba. En totalité, ce sont 21 personnes qui ont pris part à ce radical mouvement de protestation.

La grève de la faim a débuté le 30 juillet dernier alors que les prisonniers politiques de la prison de Gohardasht près de Karaj en Iran commémoraient le 29ème anniversaire du massacre des 30 000 opposants politiques de 1988. Cet été funeste, une fatwa de l’ayatollah Khomeiny a condamné à mort les membres de l’OMPI et d’autres organisations d’opposition sans égard pour leur âge, leur sexe ou pour les peines plus ou moins lourdes auxquelles la « justice » iranienne les avaient déjà condamnés.

La manière dont les détenus de Gohardasht ont été traités à cause de cet hommage montre le peu de remords qu’éprouvent les autorités iraniennes vis-à-vis de ce crime contre l’humanité resté impuni et les moyens que ces autorités sont capables de déployer pour maintenir une illusoire omerta.

En effet, pour les punir de se souvenir, leurs gardiens les ont transférés dans une section « haute sécurité » de la prison (la section 10 étant connue pour être une antichambre des exécutions), dans laquelle sont dispersés des dizaines de micros et de caméra de surveillance, et où ils souffrent du manque d’air et de la chaleur. Ils les ont privés de leurs effets personnels, de leurs médicaments et des moyens de subsistances basiques qui leur servent à se sustenter pour compléter la nourriture insuffisante fournie par la prison. Ils n’ont pas hésité à détruire leurs objets chers ou nécessaires tels que leurs lunettes de vue.

Dans ces conditions semblables à de la torture, et contre les pressions et restrictions grandissantes dont ils sont l’objet, les prisonniers politiques ont alors débuté leur grève de la faim, suivis par d’autres détenus solidaires.

Certains, déjà gravement malades souvent à cause de leurs conditions d’incarcération, ont été pris en charge dans la clinique de la prison en attendant désespérément d’être transférés dans un hôpital extérieur qui serait à même de les aider.

Les grévistes sont résolus et prêts à verser leur « dernière goutte de sang » comme l’affirme l’un d’entre eux dans une lettre (Shahin Zoghi Tabar), afin que leurs revendications soient entendues. Ils tiennent à dénoncer les responsables de leur situation à l’intérieur même de la prison, et dans une déclaration commune, pointent du doigt « des agents tels que le terroriste Mohammad Mardani, régisseur de la prison de Gohardacht, Ghobadi, l'adjoint de la prison, le major Zolfali, commandant des gardiens répressif de la prison, Yousef Mardi, chef de la protection des Renseignements, Bagheri, chef du département, ainsi que Azimi, adjoint de la protection des Renseignements des pasdaran dans la prison. Ils doivent répondre de leurs crimes devant les tribunaux internationaux et populaires, de même que leurs commandeurs et facilitateurs. »

Aujourd’hui, l’urgence est absolue pour ces prisonniers déterminés. Ils sont nombreux et en danger de mort. Selon les informations qu’ont pu obtenir certains proches, nombre d’entre eux ne peuvent plus tenir debout et perdent connaissance. Les autorités iraniennes ne semblent pas prêtes à céder. Le Procureur général de Téhéran, Jafari-Dolatabadi, a déclaré : « Leurs actions échoueront. L’appareil judiciaire ne cèdera pas devant la grève de la faim des prisonniers. » Le spectre de la grève de la faim qui eut lieu en Irlande du Nord en 1981 et qui fit dix morts parmi les détenus politiques plane au-dessus de ces courageux militants iraniens.

Si les grands médias, qui ménagent autant que possible le régime iranien, semblent être aveugles au sort des protestataires, ces derniers ont reçu de nombreuses marques de soutien d’activistes et de membres de la diaspora iranienne, solidaires de leur cause et inquiets de leur état de santé qui, inévitablement, va en se détériorant.