Iran Focus : La Journée mondiale contre la peine de mort

Iran Focus : La Journée mondiale contre la peine de mort

La Journée mondiale contre la peine de mort est une journée internationale organisée chaque 10 octobre depuis 2003, pour lutter contre la peine de mort. Elle a été instituée par la Coalition mondiale contre la peine de mort et elle est officiellement soutenue par le Conseil de l'Europe et l'Union européenne.

Des millions de personnes ont pétitionné pour l'adoption d'un moratoire international contre la peine de mort et cela a mené l'Assemblée générale à adopter une résolution non contraignante sur le sujet.

Un pays se fait chaque année remarqué pour son utilisation abusive de la peine capitale : l’Iran. Un pays qui détient le palmarès mondial du plus grand nombre d'exécution par tête d'habitant.

La Rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits de l’homme en Iran, Asma Jahangir, s'est récemment inquiétée de la poursuite de l'exécution publique aux pays des mollahs. « Il est rapporté que certaines exécutions ont eu lieu dans des lieux publics en présence d'enfants, mais cela a été réfuté par l'État partie », a-t-elle écrit dans son rapport.

«La République islamique d'Iran aurait exécuté le plus grand nombre de délinquants juvéniles dans le monde au cours de la dernière décennie. En dépit d'une interdiction absolue de la pratique en droit international, le code pénal iranien continue de maintenir explicitement la peine de mort pour les garçons d'au moins quinze ans et les filles d'au moins 9 ans pour les qisas (loi du talion) ou les crimes de houdoud, tels que l'adultère ou la sodomie

Asma Jahangir affirme avoir « reçu de nombreux cas documentés de personnes qui auraient été soumises à la torture et à de mauvais traitements en vue d'obtenir d’eux des aveux. La pratique de l'isolement cellulaire pendant une période prolongée a été documentée et il existe également de nombreux cas où des détenus ont été privés de visites familiales et/ou de soins médicaux. »

Elle a souligné 18 cas de refus de traitement médical et a indiqué que l'objectif de cette pratique était d'intimider et de punir les prisonniers politiques et les prisonniers d'opinion. Dans le cas de Mme Akbari Monfared, qui purgeait une peine de 15 ans d'emprisonnement en raison de son appartenance au groupe d'opposition banni connu sous le nom d'Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), le refus de traitement médical aurait eu lieu après qu’elle ait publié une lettre demandant justice pour ses frères et sœurs qui auraient été exécutés en 1988.

Mme Asma Jahangir regrette qu'aucun progrès n'ait été accompli en ce qui concerne la ratification de la Convention sur l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes et l'élimination des dispositions juridiques qui discriminent les femmes dans divers domaines. Il est particulièrement inquiétant que des dispositions manifestement discriminatoires telles que celles contenues dans le code pénal, qui stipule que la valeur de la vie d'une femme est égale à la moitié de celle d'un homme, restent en vigueur dans le pays. Il est également préoccupant d'adopter de nouvelles dispositions discriminatoires à l'encontre des femmes.

Le mariage des enfants reste légalement possible pour les filles de 13 ans et pour les garçons de 15 ans. Même les plus jeunes peuvent être mariés avec la permission du tribunal, mais le mariage ne peut être consommé avant la puberté. En juin, un porte-parole de l'Association pour la protection des droits des enfants, basée à Téhéran, a déclaré que les mariages d'enfants avaient atteint des niveaux alarmants et a souligné qu'environ 17% de tous les mariages dans le pays impliquaient des filles mariées avec des vieillards. Les mariages forcés sont interdits par la loi.