11212017Mar

Les rêves d’une étudiante en Iran

Les rêves d’une étudiante en Iran

Le chômage et les obstacles pour les jeunes diplômés de trouver un emploi est devenu un dilemme dans la société iranienne. Le cas d’une jeune étudiante iranienne ne trouvant pas d’emploi dans sa spécialité a été illustré dans une dépêche de l’agence iranienne ILNA, le 9 août 2017. Voici un extrait qui en dit long sur les problèmes confrontés par les jeunes aujourd’hui en Iran.

« Shahindokht est une jeune femme d’une vingtaine d’années qui travaille dans un magasin de vêtements. Elle ne nous a pas permis de prendre de photo d’elle, de son lieu de travail ou de mentionner le nom du magasin dans notre rapport, car elle a peur de perdre son emploi. Elle décrit le statut de femme employée en parlant de sa situation. « J’ai dû faire face à une situation financière terrible l’année dernière. Mon père était retraité depuis des années et il n’avait pas beaucoup de revenus. Il travaillait dans une fabrique de porcelaine et je ne sais toujours pas pourquoi il gagnait moins que ses collègues. Cependant, il a pris sa retraite après 20 ans de travail. Mon grand frère est chauffeur de taxi et souffre de dépendance à la drogue. Il travaille plusieurs heures par jour mais dépense ses revenus dans la drogue. Il y a quelques jours, je lisais le journal Hamshahri dans l’espoir de trouver un travail dans mon domaine d’études, l’histoire. J’ai été déçue car après une recherche exhaustive j’ai réalisé qu
e je devrais soit vendre à la sauvette dans le métro ou la rue, soit travailler comme dactylo ou vendeuse. Comme je n’ai jamais été douée dans la dactylographie, j’ai commencé à chercher des jobs dans des magasins de vêtements. Finalement, j’ai réussi à trouver ce magasin de vêtements. Le jour où je me suis présentée à l’entretien d’embauche ici, il y avait tellement de femmes faisant la queue pour avoir cet emploi que je n’en croyais pas mes yeux ! »

Cela fait maintenant 8 mois que Shahindokht travaille dans ce magasin. Comme elle le dit, elle gagne sa vie avec un salaire et des primes. Elle n’a ni de contrat écrit avec son employeur ni de salaire fixe ou d’assurance. Elle affirme : « Je gagne 200 à 300 mille tomans par mois (60 à 90 dollars) pour le ménage, faire le thé et d’autres services. Le reste de mon salaire est un pourcentage sur les ventes. Je gagne en moyenne entre 700 et 800 mille tomans (213 à 243 dollars) par mois et cela peut atteindre un million et demi de tomans (456 dollars) à la période du Nouvel An. J’attends septembre lorsque l’école et les universités ouvriront et que les filles et les étudiantes viendront acheter de nouveaux manteaux pour pouvoir percevoir davantage sur le pourcentage des ventes. »

Pendant l’interview avec Shahindokht, deux ou trois femmes sont entrées dans le magasin. Shahindokht regrette d’être dehors pour répondre aux questions alors que ses autres collègues restées à l’intérieur auront la chance d’avoir un pourcentage de vente plus élevé. « Cela va prendre du temps avant que d’autres femmes entrent dans le magasin. »

Il y a de nombreuses femmes comme Shahindokht, dans cette grande ville, dont les emplois sont précaires. Ces femmes ne gagnent que peu d’argent lorsque les affaires vont bien pour le propriétaire. Dans le cas contraire, elles vont au travail pour gagner presque rien, dans un emploi sans avenir. C’est le sort des femmes instruites dans ce pays. »