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Iran – Les dirigeants du régime sont-ils en train de perdre le contrôle de la situation ?

Iran – Les dirigeants du régime sont-ils en train de perdre le contrôle de la situation ?

Iran Focus – Londres, le 12 janvier – Golrokh Ebrahimi a occupé les gros titres des médias après avoir été temporairement libérée de prison en Iran au début du mois de janvier. Elle a été emprisonnée parce que lors d’une perquisition dans son domicile, les agents du régime y ont trouvé le texte d’un nouvel qu’elle avait écrit. Bien que le récit ait été fictif et non publié, elle a été accusée d’avoir des opinions dissidentes.

Amnesty International a déclaré que les accusations portées à son encontre étaient « ridicules » et qu’elle était en réalité « punie pour avoir utilisé son imagination. »

Son mari, Arash Sadeghi, lui aussi prisonnier politique, a réussi à sensibiliser les opinions publiques au niveau internationale en entamant une grève de la faim. Il est en prison en raison de ses activités pacifiques en faveur des droits de l’Homme. Sa grève de la faim avait duré plus de 70 jours au moment. Le jour où sa femme a été libérée, il a terminé son jeûne. Après avoir observé une grève de la faim pendant plus de deux mois, il risquait de mourir à tout moment.

La grève de la faim de Sadeghi a été évoqué dans des médias sociaux et sur Twitter (même si le Twitter est interdit en Iran). L’utilisation massive de Twitter par les Iraniens dans tout le pays est un exemple qui montre comment le régime est en train de perdre le contrôle de la situation. Les activistes iraniens ont soutenu Mme Ebrahimi et ont protesté contre les atteintes aux droits de l’Homme en bravant le risquent d’être arrêtés et sévèrement réprimé par le régime.

Ces activistes ont finalement réussi à obtenir la libération de Mme Ebrahimi. Des centaines de personnes se sont rassemblées lundi devant la prison d’Evin. Les dirigeants du régime sont clairement inquiets de voir surgir dans le pays un soulèvement populaire semblable à celui de 2009.

Lorsqu’Hassan Rohani est arrivé à la présidence du régime iranien en 2013, beaucoup pensaient que cela apporterait une modération très nécessaire. Cependant, depuis son arrivée au pouvoir, il est tout sauf modéré. Pendant sa présidence, plusieurs milliers de personnes ont été exécutées, les prisonniers sont toujours torturés et des minorités religieuses sont toujours persécutées en Iran.

Le peuple iranien est conscient des crimes commis par le régime. Les personnes qui se soient rassemblés devant la prison d’Evin ont soutenu Sadeghi et ont réclamé la libération de son épouse, mais ils étaient aussi là pour protester contre les autres crimes que régime des mollahs continue de commettre en toute impunité.

Les activistes en Iran tentent d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation désastreuse des droits de l’Homme en Iran. Maryam Akbari-Monfared, une militante de l’OMPI, a récemment déposé une plainte auprès du régime et demande une enquête sur le massacre de 1988 qui a coûté la vie à ses frères et sœurs, ainsi qu’à quelque 30 000 autres prisonniers politiques.

La communauté internationale doit s’impliquer davantage et contribuer à la promotion des droits de l’Homme en Iran. L’ONU devrait commencer une enquête sur le massacre de 1988 et les gouvernements occidentaux devraient conditionner leurs relations commerciales avec le régime iranien à une amélioration significative de la situation des droits de l’Homme en Iran.