12172017Dim

Struan Stevenson : Des fissures commencent à apparaître au sein du régime iranien

Struan Stevenson : Des fissures commencent à apparaître au sein du régime iranien

Des fissures commencent à apparaître au sein du régime iranien, et le simulacre d’élection qui s’est tenue la semaine dernière a exposé les dissensions croissantes au sein de l'élite dirigeante, a écrit l'ancien eurodéputée Struan Stevenson sur United Press International.

Dans son éditorial pour l'UPI, M. Stevenson a souligné jeudi que le peuple iranien a subi la persécution et la répression aux mains des tyrans enturbannés de Téhéran depuis 38 ans. « Le déclin et la chute de la République islamique d'Iran sont un spectacle attendu avec enthousiasme par 80 millions d'Iraniens appauvris et par un monde frustré par des décennies de menaces, de terrorisme et de guerres par procuration », a-t-il écrit. Il a ajouté :

Les signes de l'effondrement imminent du régime théocratique sont évidents. Les fissures commencent à apparaître. Le simulacre d’élection qui a eu lieu en Iran a exposé les dissensions croissantes au sein de l'élite dirigeante. Le Guide Suprême Ayatollah Ali Khamenei déteste l'Occident, déteste les sunnites, déteste l'Arabie saoudite, déteste les minorités religieuses de toute sorte et, en tant qu'arbitre final de tout le pouvoir en Iran, a déclaré son parti pris pour le radical Ebrahim Raïssi, cité comme son successeur potentiel. Le fait qu’Hassan Rohani ait été déclaré vainqueur à l'élection présidentielle a été évoqué en Occident comme un triomphe pour les forces de la modération et de la réforme. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité.

La lutte acharnée au cours des dernières semaines de la campagne présidentielle a vu les deux têtes de liste, Rohani et Raïssi, se reprochant réciproquement les atrocités et la corruption à une échelle qui a suscité quelques interrogations, même au sein d’une population iranienne habituée à la brutalité sous la dictature théocratique. Rohani a accusé Raïssi d'être le principal bourreau responsable de l'extermination de 30 000 prisonniers politiques dans les années 80, en tant que membre de la sinistre « Commission de la mort » mise en place par le fondateur de la République islamique, l’Ayatollah Ruhollah Khomeiny. Ce massacre est resté un secret d'État bien gardé pendant des décennies. Même les parents demandant des informations sur le lieu de sépulture de leurs proches disparus ont été arrêtés et emprisonnés. C'était un sujet tabou. En représailles, Raïssi a révélé que les mains du soi-disant « modéré » Rohani étaient aussi entachées de sang avec la terreur et les exécutions qui ont propulsé l'Iran à la première place mondial pour l'imposition de la peine de mort.

Normalement, le Guide Suprême aurait soigneusement ajusté les résultats de l’élection pour assurer la victoire de son candidat favori Raïssi. Mais sa crainte d'un soulèvement similaire aux événements qui ont suivi la réélection frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad en 2009 , l’en a empêché. Il sait que l'Iran est une poudrière prête à s’enflammer à la moindre étincelle. Une autre révolution balayerait les mollahs du pouvoir. Mais cette exposition soudaine de sa faiblesse en ajoutera à la colère de Khamenei. Son animosité envers Rohani approfondira les failles qui déchirent de façon continue l'élite dirigeante.

Pendant ce temps, les réseaux du mouvement d’opposition de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran (OMPI ou MEK) à l'intérieur de l'Iran étaient très actif lors de l’élection présidentielle avec l'émergence de milliers d'affiches et de pancartes à l’effigie de Maryam Rajavi, le leader de l'opposition iranienne basée à Paris. Le soutien à l'OMPI implique une peine de mort obligatoire en Iran, mais leurs affiches proclamaient avec bravade : « Non au bourreau - Non au charlatan - Notre vote est pour le renversement du régime ». Les médias du régime des mollahs se sont référés amèrement à ces affiches à Téhéran.

Après huit ans de complaisance méprisable envers le régime iranien par Barack Obama, le président américain Donald Trump a utilisé sa première tournée étrangère pour visiter l'Arabie saoudite et Israël, les deux plus grands ennemis des ayatollahs. Lors du sommet arabo-islamique-américain qui s’est tenu dimanche à Riyad, la capitale saoudienne, il a dénoncé l'Iran en tant que principal sponsor du terrorisme au Moyen-Orient et premier soutien de Bachar el-Assad, déclarant : « Du Liban à l'Irak jusqu’au Yémen, l'Iran finance, arme et forme des terroristes, des milices et d'autres groupes extrémistes qui propagent la destruction et le chaos dans toute la région. » Trump a exhorté les dirigeants de plus de 50 États musulmans principalement sunnites à « expulser » les extrémistes qui se trouvent dans leurs pays. Il a catalogué le régime iranien de « gouvernement qui parle ouvertement de meurtre de masse, promettant la destruction d'Israël, la mort à l'Amérique et la ruine pour beaucoup de dirigeants et de nations
dans cette salle ».

De plus en plus de signes montrent que l'administration Trump envisage désigner officiellement les Gardiens de la révolution (pasdaran) comme une « organisation terroriste étrangère ». L'armée extraterritoriale des pasdaran, « la force Qods », est une organisation terroriste listée depuis des années, et il est illogique qu’Obama se soit abstenu d'étendre cette désignation à l'organe de tutelle qui gère plus de la moitié de l'économie iranienne et injecte des milliards dans les guerres par procuration qui causent la mort et la destruction dans tout le Moyen-Orient. Designer les pasdaran comme terroristes visera le cœur du régime iranien. L’emprise des mollahs sur le pouvoir sera davantage affaiblie. Les jours du régime sont comptés.

Struan Stevenson est président de l’Association Européenne pour la liberté en Irak. Il a été un membre écossais du Parlement Européen (1999-2014), président de la délégation du Parlement pour les relations avec l'Iraq (2009-14) et président de l’Intergroupe des Amis d'un Iran Libre (caucus) de 2004 à 14. Il est un auteur de plusieurs ouvrages et un conférencier international sur le Moyen-Orient.