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Irak / Iran : l'Occident doit tirer les amères leçons de Ramadi à Mossoul

Irak / Iran : l'Occident doit tirer les amères leçons de Ramadi à Mossoul

Communiqué de presse du Président de l'Association européenne pour la liberté en Irak, Struan Stevenson, le 18 février 2016

L'Association européenne pour la liberté en Irak demande à l'ONU, aux Etats-Unis et à l'UE de tirer les leçons de Ramadi et ne pas permettre le massacre injustifié de la population sunnite de Mossoul dans la bataille imminente pour libérer cette ville.

 

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a effectué une tournée internationale pour renforcer le soutien à la bataille imminente de Mossoul, la deuxième ville d'Irak, qui a été capturé par Daesh en juin 2014. Abadi s'est rendu à Washington DC, plaidant pour plus de frappes aériennes américaines et plus de militaires américains pour former les forces irakiennes, auprès d'Obama. Il demange également des équipements militaires et de l'argent. Abadi s'est aussi rendu à Erbil dans le nord de l'Irak, où il a demandé au président kurde Massoud Barzani d'engager l'assistance des peshmergas dans la prochaine bataille pour la libération de Mossoul.

Mossoul se trouve dans la province de Ninive, au nord de l'Irak ; plus de deux millions et demi de personnes y vivent. De strictes restrictions ont été imposées à la population locale, seuls les commerçants de confiance sont autorisés à quitter la ville et d'y revenir. Le reste, une population majoritairement sunnite, a été pris en otage. Daesh a capturé de grandes quantités d'armes modernes américaines quand l'armée irakienne a fui la ville, la faisant ainsi devenir une forteresse presque imprenable. Les commandants militaires américains qui conseillent les Irakiens estiment que cela pourrait prendre un an de reprendre Mossoul.

La population sunnite de Mossoul a été témoin du sort de leurs frères et sœurs à Ramadi, Diyala, Salahuddin et dans les banlieues de Bagdad. Elle doit maintenant se demander si elle se fera abattre lors de la prochaine bataille pour la ville. Ramadi était une ville de plus de 500 000 habitants, pour la plupart sunnites. Le mois dernier, elle a été reprise par l'armée irakienne.

La population sunnite assiégée de Ramadi a souffert pendant neuf mois sous le contrôle de Daesh, qui a été assez dévastateur, mais l'assaut final au cours de la bataille pour sa reprise a provoqué la destruction de pratiquement tous les bâtiments de la ville; seule une poignée de femmes, d'enfants et d'hommes âgés restent. Certaines estimations indiquent que la population compte aujourd'hui moins de 1 000 habitants.

Les milices chiites impitoyables ont mené une campagne de génocide contre la population sunnite pour les torturer, les brûler et les massacrer à volonté. Des milliers de civils ont été tués. Les hommes de Ramadi ont tout simplement disparu. Certains disent qu'ils sont détenus dans des prisons secrètes, d'autres affirment qu'ils ont été assassinés.

La brutalité effroyable des milices dirigées par l'Iran ne fera pas grand chose pour encourager les citoyens de Mossoul. Beaucoup peuvent penser que la vie sous Daesh, bien que difficile, est préférable à la mort aux mains des milices chiites. Les frappes aériennes américaines ont aidé à la reprise de Ramadi, réduisant en poussière la plupart des bâtiments de la ville et des infrastructures. Désormais, les avions de guerre de la coalition internationale menée par les USA ont commencé à bombarder des cibles de Daesh autour de Mossoul.

L'Association européenne pour la liberté en Irak est profondément préoccupée par le fait que l'histoire puisse se répéter et que les frappes aériennes des Etats-Unis et de la coalition détruisent une grande partie de Mossoul, tuant des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants innocents. Les milices chiites brutales poursuivont ensuite leur politique de la terre brûlée de nettoyage ethnique, pour conduire les sunnites restant hors de la deuxième ville d'Irak, laissant derrière eux un héritage sectaire amère au milieu des ruines fumantes.

L'Association européenne pour la liberté en Irak est convaincue que la seule façon de conduire Daesh hors de Mossoul et de l'Irak est de dissoudre les milices Shi'ia dirigées par l'Iran et d'armer et d'entraîner les tribus sunnites en Irak pour combattre aux côtés d'une force militaire irakienne réformée, nouvellement formée et bien équipée, avec l'aide des peshmergas kurdes. C'est la seule façon de rassurer les personnes à Mossoul et de les encourager à se tenir aux côtés de l'armée irakienne contre Daesh dans la libération de la ville.

Struan Stevenson

*Struan Stevenson, président de l'Association européenne pour la liberté en Irak (EIFA), a été membre du Parlement européen entre 1999 et 2014 et a présidé la délégation du Parlement européen pour les relations avec l'Irak de 2009 à 2014.

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