11212017Mar

Face aux bourreaux en Iran (Editorial)

ImageIran Focus: Editorial- Face aux bourreaux en Iran; Les exécutions ont souvent constitué la réponse systématique à toute protestation politique en Iran pendant les trente dernières années. Mais après de vastes manifestations de protestation dans tout le pays qui ont suivi les élections présidentielles de l’année dernière, du coup l’utilisation de la potence revêt d’une importance vitale pour le régime. Ainsi les opposants ne sont plus exécutés dans le seul but de leur élimination physique, mais aussi pour répandre la terreur au reste de la population. Les choix que feront le peuple iranien et la communauté internationale dans leur manière de réagir pourraient être décisifs dans la définition du moment du traitement des menaces persistantes de ce régime.

Le 9 mai, cinq militants politiques ont été pendus dans l’enceinte de la prison notoire Evin à Téhéran. Pour justifier cet acte, les médias officiels ont qualifié les victimes de ‘terroristes’, mais les groupes de défense des droits de l’homme et des avocats ont rejeté cette accusation et dénoncé le refus des autorités de se conformer à leurs propres procédures légales, sinon le respect des normes internationales. Alors que la réaction des familles des victimes et celle, plus étendue, de la communauté nationale ont été marquées par une opposition déterminée du peuple envers un régime de plus en plus agressif, la communauté internationale, particulièrement les pays occidentaux, ont fait preuve, d’une manière générale, d’une réticence et d’une hésitation des plus surprenantes. Les déclarations d’indignation de l’Union européenne et de la Norvège ont été trop timides et prononcé trop tard. Encouragé par de telles réactions ambivalentes, le procureur général de Téhéran, Abbas Dja’fari Dowlat-Abadi, a annoncé samedi la confirmation des condamnations à mort de six proches parents des membres du groupe principal de l’opposition iranienne, les Moudjahidine du peuple (l’OMPI) qui résident au Camp d’ Achraf en Irak.

A l’approche de l’anniversaire de l’insurrection populaire longue de 11 mois, le régime de Téhéran espère que ses méthodes de répression, notamment les pendaisons, auraient un effet démobilisateur sur les manifestants protestataires qui le défient. Mais tout cela s’est révélé contreproductif. Des milliers des manifestants en colère sont descendus dans la rue dans de nombreuses villes du Kurdistan iranien et à Téhéran pour condamner les pendaisons. Même des activistes emprisonnés ont manifesté leur fermeté en exprimant leur mépris pour de tels actes, l’un d’entre eux allant jusqu’à demander solennellement d’être le sixième pendu.

Grâce à l’action courageuse des proches des victimes, ainsi que des étudiants, des femmes et d’autres activistes en Iran, toutes les tentatives du régime pour terroriser et réduire au silence la population ont clairement échoué. Le clergé au pouvoir tente de naviguer dans les eaux troubles abord d’un bateau fissuré.

La communauté internationale se doit d’agir plus fermement vis-à-vis de Téhéran pour contrecarrer son terrorisme et sa menace nucléaire. Son silence troublant ne pourrait qu’encourager le régime dans  sa tentative de prolonger son pouvoir en recourant à plus d’atrocités, tout en démoralisant le peuple iranien sans cesse à la recherche d’un changement démocratique. Il est temps que le Conseil de Sécurité de l’ONU soit saisi du dossier de la violation aggravée des droits de l’homme du régime iranien. En outre, la communauté internationale doit rendre toute relation avec Téhéran, diplomatique ou autre, dépendante de l’arrêt des exécutions et de la torture dans les prisons iraniennes.