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La Montagne: Blocus, dévaluation de la monnaie, bombe atomique : les Iraniens sont à nouveau dans la rue. De proche en proche, les manifestants en viennent – comme en 2009 – à contester le régime lui-même. François Colcombet, ancien député PS de l’Allier, cofondateur du Syndicat de la magistrature et du Comité français pour un Iran démocratique (CFID), suit ces questions de près.

Iran Focus : Par Alireza Taherlou - Il y a en ce moment une bataille d’un genre nouveau qui se déroule au cœur de l’Irak et de l’issue de laquelle dépend le sort de l’Iran, voire du Moyen-Orient. Genre nouveau parce qu’on assiste ni à des actions armées, ni à des manifestations, ni à des occupations, images auxquelles nous a habitué le printemps arabe. Elle institue en fait une nouvelle étape de la confrontation dictature/ résistance dans un camp près de Bagdad.

The Wall Street Journal: Par EMANUELE OTTOLENGHI* (OPINION) - Les Iraniens ordinaires sont obligés de se serrer la ceinture depuis que l'embargo pétrolier de l'Union européenne est entré en vigueur le 1er juillet. Les décennies de mauvaise gestion économique des dirigeants despotiques en Iran ont abouti à cinq années de sanctions de plus en plus sévères, qui détériorent l'économie du pays. Et malgré le défi avec lequel le régime nie leur impact, les sanctions ont laissé de nombreuses familles iraniennes avec un trou sur le compte bancaire et l’estomac vide.

Lemonde.fr: Le blog de Parisa Keyhani: Ça n'est plus un slogan mais une profession de foi, presque une prière. "L'enrichissement d'uranium est notre droit fondamental" : cette phrase est répétée inlassablement en Iran dans les discours politiques, chantée dans les manifestations, étalée sur les banderoles. Finirait-elle par se vider de son sens, comme ces "Mort à Israël" scandés par les foules depuis 1979 ?

  Par Jean Levert

A Achraf, le camp des réfugiés iraniens en Irak, la menace du démantèlement  par la force au 31 décembre vire à la torture psychologique et le pire est à craindre
 
C’est un véritable ultimatum de la part des autorités irakiennes : le 31 décembre, le camp d’Achraf - à 80 km de Bagdad en Irak - sera démantelé ! Et ce ne sont pas les promesses faites, la reconnaissance internationale embarrassée et les demandes de report de cette date butoir qui y changeront quelque chose en l‘état actuel.

Lemonde.fr: Par Aymeric Janier - La force Al-Qods, fondée au début des années 1990, est soupçonnée d’implication dans la tentative d’assassinat de l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis en octobre 2011. Cette faction clandestine est considérée comme le fer de lance de la "mollahcratie" de Téhéran. Retour sur l’histoire d’une unité d’élite chargée de préserver et de promouvoir les acquis de la révolution islamique à l’étranger.

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Iran Focus: Éditorial  - Le samedi 12 juin des milliers d'Iraniens ont bravé une fois de plus le danger et sont descendus dans les rues pour marquer l'anniversaire du soulèvement de 2009. Cette journée de protestation revêt une importance significative indiquant la future orientation de l'insurrection.

Le slogan de «mort au dictateur » n’a pu  être étouffé en dépit d’une forte présence des forces de sécurité. Les étudiants étaient comme toujours en première ligne. Des images vidéo venues d'Iran ont notamment montré des manifestations étudiantes dans deux universités majeures, celles de Téhéran et de Sharif.  Le centre de la capitale a été le théâtre d’importantes escarmouches avec les forces de la répression. Beaucoup ont été blessés, certains grièvement. Les autorités ont reconnu l'arrestation d'au moins 91 manifestants, dont plusieurs affiliés à la principale force de l'opposition organisée, les Moudjahidine du peuple.

La résistance courageuse de la population a percé les nuages menaçants de la répression qui couvrent le ciel d'Iran. Se moquant du poing de fer rouillé du guide suprême, Ali Khamenei, qui a désespérément besoin de restaurer son pouvoir chancelant, elle a envoyé un signal clair sur la direction de l'insurrection et son orientation stratégique.

La semaine dernière, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, les deux candidats malheureux de l'élection présidentielle de juin 2009, ont renoncé à leur appel de rassemblement pacifique contre le régime en invoquant le «souci de protéger la vie et les biens des gens ». La décision a été perçue comme une volte-face embarrassante qui a attiré les critiques des milieux de l’opposition et de la blogosphère. Les deux hommes ont fait partie du sérail du régime pendant plusieurs décennies.

 La dirigeante de la Résistance iranienne, Maryam Radjavi, a noté qu’en renonçant à manifester, Moussavi et Karoubi se sont montrés plus préoccupés par «la vie et des biens» des mollahs au pouvoir que ceux du peuple iranien.

Les protestations de samedi, qui devraient se poursuivre les jours prochains, ont clairement montré que le peuple iranien a laissé Moussavi et Karoubi loin derrière. Bien que Moussavi ait affirmé que « nous avons besoin de faire du travail de prise de conscience», il semblerait toutefois avoir lui-même besoin de prendre conscience que le peuple iranien a choisi la voie qui mène à un changement totale de régime.