11212017Mar

Iran Focus: Par François Colcombet* : Une constitution théocratique -  A la différence de la plupart des ses voisins, l’Iran est une nation très ancienne et homogène dont la culture et la langue ont résisté à celle de ses envahisseurs. A nos jours encore le persan est la langue officielle même si selon l'article 16 de la constitution, l'arabe doit être enseigné  "dans la mesure où il est la langue du Coran." De leur longue histoire les Persans devenus Iraniens, ont conservé l’expérience du pouvoir mais aussi celle de la résistance à l'oppression.

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Iran Focus: Éditorial  - Le samedi 12 juin des milliers d'Iraniens ont bravé une fois de plus le danger et sont descendus dans les rues pour marquer l'anniversaire du soulèvement de 2009. Cette journée de protestation revêt une importance significative indiquant la future orientation de l'insurrection.

Le slogan de «mort au dictateur » n’a pu  être étouffé en dépit d’une forte présence des forces de sécurité. Les étudiants étaient comme toujours en première ligne. Des images vidéo venues d'Iran ont notamment montré des manifestations étudiantes dans deux universités majeures, celles de Téhéran et de Sharif.  Le centre de la capitale a été le théâtre d’importantes escarmouches avec les forces de la répression. Beaucoup ont été blessés, certains grièvement. Les autorités ont reconnu l'arrestation d'au moins 91 manifestants, dont plusieurs affiliés à la principale force de l'opposition organisée, les Moudjahidine du peuple.

La résistance courageuse de la population a percé les nuages menaçants de la répression qui couvrent le ciel d'Iran. Se moquant du poing de fer rouillé du guide suprême, Ali Khamenei, qui a désespérément besoin de restaurer son pouvoir chancelant, elle a envoyé un signal clair sur la direction de l'insurrection et son orientation stratégique.

La semaine dernière, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, les deux candidats malheureux de l'élection présidentielle de juin 2009, ont renoncé à leur appel de rassemblement pacifique contre le régime en invoquant le «souci de protéger la vie et les biens des gens ». La décision a été perçue comme une volte-face embarrassante qui a attiré les critiques des milieux de l’opposition et de la blogosphère. Les deux hommes ont fait partie du sérail du régime pendant plusieurs décennies.

 La dirigeante de la Résistance iranienne, Maryam Radjavi, a noté qu’en renonçant à manifester, Moussavi et Karoubi se sont montrés plus préoccupés par «la vie et des biens» des mollahs au pouvoir que ceux du peuple iranien.

Les protestations de samedi, qui devraient se poursuivre les jours prochains, ont clairement montré que le peuple iranien a laissé Moussavi et Karoubi loin derrière. Bien que Moussavi ait affirmé que « nous avons besoin de faire du travail de prise de conscience», il semblerait toutefois avoir lui-même besoin de prendre conscience que le peuple iranien a choisi la voie qui mène à un changement totale de régime.