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Iran : les fréquentations troublantes du sénateur Nathalie Goulet

Iran Focus: Le régime des mollahs, mis à mal sur la scène internationale et désavoué par une population qui suit avec envie la révolte syrienne, va chercher en terre étrangère des « amis ». De précieux « amis » pour briser son isolement diplomatique, vanter ses mérites « démocratiques », faire passer son programme nucléaire, et surtout diaboliser ses opposants les plus déterminés.

A entendre et à lire le sénateur Nathalie Goulet défendre avec fougue les vertus du « système électoral iranien », la nécessité de « rompre l'isolement diplomatique de l'Iran » et chercher à faire avaler l'idée « acceptable » d'un Iran nucléarisé comme un « pays du seuil à l'instar du Japon », on serait porté à croire à une ineptie intellectuelle ou une navrante erreur de jugement, comme nombre d'intellectuels ou d'observateurs sincères qui se sont parfois laissé abuser par le langage « populiste » ou l'image « modérée » des dirigeants iraniens.

Devant la complexité de l'échiquier iranien, il est naturel que des observateurs de bonne foi aient quelques difficultés à cerner le fond du problème ou à trouver la bonne solution. Des errances ponctuelles facilement pardonnables. Mais lorsque cela débouche sur une implication active avec un régime responsable de la torture et de l'élimination de plus de 120.000 opposants politiques et qui cherche à acquérir la Bombe comme moyen de chantage international, cela devient impardonnable. Démarcher, pour le compte des mollahs, le gouvernement français et les instances européennes afin d’empêcher le retrait des opposants iraniens de la liste terroriste de l'UE, cela devient douteux. Ce lobbying honteux, lorsqu’il est le fait d'un élu de la République, devient scandaleux et suscite des interrogations sur les réelles motivations de Mme Goulet. Les citoyens sont en droit de demander des informations sur une éventuelle collusion d’intérêt avec une dictature étrangère.
 
Les tribulations de Madame Goulet dans les méandres de la théocratie ne datent pas d'hier et ne sont pas innocentes. Elle se déclare ouvertement l' « amie » du régime iranien. Les liaisons dangereuses qui l'ont amenée voilée d'une fichue  au pays des mollahs, ont parfois fait de Nathalie Goulet une redoutable conseillère pour les mollahs, préconisant même à leur ambassadeur en France « de se retirer du Pacte de non-prolifération nucléaire », ou à les inciter de «retirer leurs avoirs des banques françaises ! » (Voir ci-dessous)

 Celle que les médias de Téhéran aiment à citer parmi les « amis européens de l'Iran » désole par sa compromission avec les mollahs. Affichant une rare bassesse éthique, elle n'hésite pas en visite en Iran à se plaindre de n'avoir pas été suffisamment épaulée par l'ambassade iranienne à Paris dans son « combat » pour maintenir les opposants iraniens sur la liste noire contre une décision de justice européenne qui les innocente. « Je n'ai pas bien travaillé », «j'ai agi sans accompagnement de l'ambassade iranienne, j'étais seule, vraiment seule », déplore-t-elle dans une interview (voir ci-dessous). Comme si c’était le rôle d’un sénateur français de solliciter l’aide d’un pays étranger pour s’opposer à une décision de justice.

Avec la sénatrice Goulet, les faits parlent d'eux-mêmes et ses services aux mollahs se divisent en divers volets :

1- L'apologie des vertus du système théocratique et la nécessité de rompre son isolement diplomatique :
 -  « Le système électoral iranien, même imparfait, est plus démocratique que chez beaucoup des pays voisins. (...) L'Iran est un partenaire politique et commercial, mais aussi un pays de culture, nous avons tous à y gagner (...) Isoler l'Iran est une erreur ». (commentaire sur le blog.lefigaro.fr: Ahmadinejad versus Moussavi : la guerre des sondages, 14 avril 2009)

-  «<Mme Nathalie Goulet> (...) Elle a <souhaité connaître le sentiment de la délégation du Parlement européen sur l'évolution actuelle des relations avec l'Iran>. Elle s'est déclarée convaincue qu'il était <nécessaire de rompre l'isolement diplomatique de l'Iran  >.» (Compte rendu d'une Réunion au sénat, le 16 octobre 2008)

-  « Rétablissons le dialogue et les relations économiques, et cessons d’isoler l’Iran (...) Il faut ajouter que, parfois, les dirigeants iraniens n’aident pas leurs amis. Toutes les provocations font reculer le dialogue. L’Iran  a des amis, ni naïfs ni dupes. Ce poker menteur risque de coûter cher. La stabilité de toute la région dépend aussi d’accords économiques et culturels. » (Intervention de Nathalie Goulet au Sénat, séance du 14 mai 2008)

-  «Ma question s'adresse à M. Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères (...), ne pensez-vous pas qu'il faille revoir notre politique à l'égard de l'Iran ? Les sanctions n'ont pas fonctionné et retardent l'évolution démocratique de ce pays. Pensez-vous prendre une initiative diplomatique forte envers l'Iran ? » (Séance du 10 novembre 2011 - compte rendu intégral des débats au sénat)

- « L’Iran, c’est 78 millions d’habitants ... que j’ai du mal à comprendre l’aveuglement de notre politique à son égard.(...) L’Iran a des amis, des gens qui croient à l’intelligence du peuple iranien et à la bonne foi de ses dirigeants. Mais on est dans un jeu extrêmement dangereux. » (Le Journal d'Iran, 9 octobre 2009, Interview exclusive avec le sénateur Nathalie Goulet).

2- Rendre acceptable le programme d'armement nucléaire des mollahs :
-  « Bien entendu, Téhéran veut se doter des capacités de fabriquer une bombe. Quel pays ayant subi depuis 60 ans toutes les ingérences, coups d'Etat organisés par les Occidentaux et guerres d'agression (Irak) ne chercherait pas à assurer son indépendance de cette façon ? (...) Y-a-t-il une solution à la crise actuelle ? Il y en a deux qui sont réalistes donc inacceptables pour les Occidentaux. D'abord accepter que Téhéran soit considéré comme un « pays du seuil » à l'instar du Japon, c'est-à-dire maitrisant les technologies et capable de construire la bombe rapidement en cas de besoin de sécurité. Téhéran arrêterait ses travaux avant la phase critique. Solution inacceptable parait-il ? Pourquoi ?  » (Une article de Nathalie Goulet sur son site intitulée « LA GUERRE AVEC L’IRAN : un dangereux jeu de Poker menteur »)

3- L'acharnement contre l'opposition iranienne, l'ultime mission :
-  « Mme Nathalie Goulet attire l'attention de Mme la secrétaire d'État chargée des Affaires étrangères et des droits de l'homme sur la réalité qui se cache derrière le CNRI, Conseil national de la résistance iranienne (...) Elle lui demande que toute la lumière soit faite sur ce Conseil national de la résistance iranienne pour empêcher cette organisation de développer ses activités sur le territoire français et européen. » (Publiée dans le JO Sénat du 16/10/2008 : Question orale sans débat n° 0313S de Mme Nathalie Goulet)

-  « Bonjour, je suis le Sénateur Goulet, je tiens a préciser que je n ai aucune sympathie pour le régime des mollahs mais je combats le CNRI qui n a aucune base en Iran (...) » (Commentaire sur Lexpress.fr, senateurgoulet - 11/06/2011)

-  « On peut parler des Moudjahidine, comme je l'ai beaucoup fait. Vraisemblablement, je ne l'ai pas fait assez ou bien je n'ai pas bien travaillé ou bien j'étais seule. Je crois que j'étais toute seule. J'ai agi sans accompagnement de l'ambassade iranienne, j'étais seule, vraiment seule (...)Moi, l'ambassade et le ministre des Affaires étrangères, nous avons tout essayé, mais c'est une affaire ancienne (...) Excusez-moi pour ma franchise, mais j'ai eu pour un moment le sentiment qu'on nous a passé la patate chaude, comme on dit en France. J'ai eu le sentiment que l'Iran s'est débarrassé de l'OMPI en l'envoyant en France pour que les Européens finissent le boulot (...) Nous avons perdu la guerre des médias, et on peut dire qu'on a perdu, même momentanément la guerre juridique jusqu'au prochain procès, car il n'est pas hors de question qu'ils retournent sur la liste. C'est mon avis. Nous avons fait notre possible, mais la cour a décidé. » (Interview à Téhéran avec le quotidien iranien ETEMAD, le 18 février 2009)

Un pamphlet intitulé « L'OMPI, une secte au cœur de la République » est la dernière sortie de Nathalie Goulet contre la Résistance iranienne. On peut lire, en quatrième de couverture, la présentation qu'elle fait de son ouvrage: « Nathalie Goulet est sénateur de l'Orne (...) elle est spécialiste de la zone du golfe persique et tente depuis des années de démasquer l'imposture des Moudjahidines du peuple en la dénonçant au Sénat chaque fois que cela est possible. » Ne portant pas mention de maison d'édition, le pamphlet de Nathalie Goulet, construit sur une pléthore d'affabulations grossières, s'ajoute aux dizaines déjà publiés dans divers pays par les « amis » des mollahs et leurs services de renseignements  dans leur campagne d’intoxication contre l’opposition. Le lecteur de ce texte est très frappé par la similitude, un quasi copie-collé,  de son rhétorique avec celui véhiculé par les services iraniens des renseignements en France. (Récemment, un certain Pierre Conesa, à la tête d'une boite de lobbying, « La Compagnie européenne d’Intelligence stratégique (CEIS) » s'est particulièrement illustré dans l'articulation et la diffusion de cette propagande dans l'hexagone.)

Notre "spécialiste de la zone du golfe persique" qui s'est donné la laborieuse tâche d'un pamphlet de 80 pages, plein d'erreurs, pour calomnier l'OMPI, désole tout autant par sa malhonnêteté intellectuelle que par le degré de son ignorance du sujet. Pour étayer ses accusations sur "les attaques et entraves à la liberté d'expression" dont aurait été coupable le mouvement, elle présente les papiers publiés sur un site monarchiste désinvolte, "iran-resist.org", alors que tout le monde sait que loin d'être en lien avec l'OMPI, ce site en est le détracteur.


4- Une conseillère redoutable pour les mollahs !
- « Je pense que les Iraniens sont les dernières personnes à provoquer, on pourrait perdre gros à jouer au plus fin avec eux (...) J’avais conseillé au précédent ambassadeur iranien de sortir du Traité de Non Prolifération, mais il a dit que la politique iranienne était de rester dans le Traité de Non Prolifération. Isoler l’Iran ou lui tenir des discours guerriers est la dernière bêtise à faire. »
-  « Les dirigeants iraniens (...) devraient également aider leurs amis. Ils devraient soit ouvrir leurs centrales afin de satisfaire la curiosité de leurs détracteurs, soit sortir du Traité de Non Prolifération, qu’on en finisse ! L’Iran se met dans une situation périlleuse au plan interne et vaut pourtant beaucoup mieux que l’image qu’il donne. »
-  « Mais de toute manière, les sanctions marchent dans les deux sens. Les Iraniens n’ont qu’à retirer leurs avoirs des banques françaises ! » (Le Journal d'Iran, 9 octobre 2009, interview exclusive avec le sénateur Nathalie Goulet).

L’image de la France
Cette implication intensive en faveur du régime iranien et dans sa campagne de diabolisation de l’opposition iranienne est surprenante. Quelles sont les réelles motivations de Mme Goulet? D'ou provient une telle collusion d’intérêt avec une dictature à l’étranger ? Les institutions de la République ne devraient pas tarder à prendre des mesures pour faire la lumière sur ces comportements qui vont bien au-delà de la liberté d’expression et d’action d’un élu du peuple et portent atteinte à l’image de la France. 

 

Annexe1:

La page des liens du site-web de Nathalie Goulet avec comme premier "ami de l'étranger" l'adresse du site-web de l'ambassade des mollahs à Paris

 

Annexe 2:

 

 Interview avec un site pro-mollahs, "Journal d'Iran"

 

Annexe 3:
AFP: une sénatrice raille Ferrari
AFP,
le 14/09/2010 : «La sénatrice centriste Nathalie Goulet a profité aujourd'hui du débat sur l'interdiction du voile intégral au Palais du Luxembourg pour railler la journaliste de TF1, Laurence Ferrari, qui s'est "déguisée avec un hidjab" pour interviewer, en juin, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. "Personne n'obligeait une journaliste de TF1 interviewant le président iranien à se déguiser avec un hidjab, acquis je ne sais où mais je doute qu'il provienne du bazar de Téhéran, et que les Iraniennes ne portent pas d'ailleurs", a-t-elle déclaré pendant l'examen du projet de loi. (...) »

Hypocrisie
Comme le montre cette dépêche de l'AFP, la sénatrice Nathalie Goulet, a fait parlé d'elle en affectant "secourir" les femmes iraniennes au sénat. Hélas, ce ne fut pas pour dénoncer le sort qu'elles subissent dans le système de misogynie institutionnalisé des intégristes en Iran, des sentences de lapidations ou d'exécutions, détrompez-vous! En effet, ni au cours du soulèvement courageux du peuple iranien en 2009,  ni en aucun moment n'a-t-on entendu, cette " spécialiste de la zone du golfe persique",  lever la voix contre les exactions dans ce pays. Ce qui a toutefois fait sortir Mme Goulet de ses gonds c'est   la présentatrice de TF1, Laurence Ferrari pour avoir porté le hijab à Téhéran. Son crime? Avoir donné une mauvaise image des femmes iraniennes, car pour Nathalie Goulet les femmes iraniennes sont bien trop libres pour qu'on puisse laisser croire qu'elles sont contraintes de porter «ce genre de casque de scaphandrier»!  Pour cette peu glorieuse représentante de la France, ternir l'image de l'"ami étranger, la République islamique d'Iran", est une faute impardonnable. Voici l'intervention de N. Goulet au sénat, le 14 septembre 2010, s'attaquant à Laurence Ferrari:
«Enfin l'Iran, vaste sujet. Un petit foulard suffit, doublé d'une tenue qui ne laisse pas apparaître les formes des hanches, et à nos âges, je veux dire au miens, qui s'en plaindrait! (Travée des parlementaires qui s'offusquent et Goulet qui répond "fishing"! ) Personne n'obligeait une journaliste de TF1 interviewant le président iranien à se déguiser avec un hidjab blanc absolument ridicule, que les Iraniennes ne portent pas d'ailleurs. Aucune femme iranienne ne porte ce genre de casque de scaphandrier, aucune femme iranienne ne se voile le visage, elles sont bien trop jolie pour ça! »

Dans sa fouge pro-mollah, cette hypocrite a oublié qu'elle avait posé en hijab chez ses "amis" les mollahs:


Interview en Iran avec le quotidien Etemad :