11212017Mar

Le Parlement Européen donnera-t-il un blanc seing au régime iranien ?

Iran Focus : Le régime iranien vient d’exécuter dix personnes le même jour. Les pendaisons se poursuivent à un rythme infernal en Iran. La répression des opposants et des intellectuels bat son plein. Le pouvoir iranien ne cache plus son implication dans la répression en Syrie et envoie ses gardiens de la révolution épauler les bouchers d’Assad.

Mais au Parlement européen, sous l’impulsion du lobby des mollahs, une délégation s’apprête à partir pour Téhéran. Ce voyage, en passe de déclencher un scandale, n’est ni motivé ni par l’illusion d’une réforme dans la théocratie, ni même par la politique de complaisance. Il sert des intérêts précis pour sortir le régime de son isolement international.

Le journaliste Frank Demeyer (de l’Official Wire News) rapportait depuis Bruxelles que des pressions ont empêché, l’élection de l'Italien Potito Salatto, hostile à Téhéran, au siège de vice-président de la Délégation des relations avec l’Iran, vacant depuis novembre dernier.

 « La raison du vote contre Salatto est apparue clairement lors de la rencontre de la semaine dernière  quand le nouvel ambassadeur iranien Mahmoud Barimani a été invité à la Délégation, explique Frank Demeyer. L'ambassadeur s’est opposé à la candidature de M. Salatto parce qu'il le considère trop critique envers la République islamique », écrivait-il.

Avec l’adjointe Allemande Sabine Meyer (Verts), que les observateurs appellent la «dirigeante de facto » de la Délégation, une autre groupie des ayatollahs au Parlement européen est la Belge Isabelle Durant (Verts). Pour un régime honni par le peuple iranien et en pleine dérive internationale, ces amies ont été la bouée de sauvetage des mollahs dans la capitale européenne.

Ce fan club et les milieux qui s’affairent en coulisses cherchent à secourir une dictature moribonde, ou du moins à en retarder la chute.

Frank Demeyer expliquait dans son article : « La Délégation des relations avec l’Iran et son activité pro-Téhéran remontent à la décennie précédente lorsque l'ambassade iranienne à Bruxelles travaillait ardemment à mettre en place une délégation officielle pour les relations avec le Parlement européen. Créée lorsqu'Ahmadinejad a pris ses fonctions, la Délégation travaille dur depuis pour saper les sanctions internationales contre l'Iran et pour organiser des voyages à Téhéran.

« Sabine Meyer qui s’est rendue au moins deux fois en Iran ces dernières années, a organisé plusieurs réunions contre les réfugiés du camp d'Achraf en Irak qui sont membres de la principale force d’opposition au régime des mollahs, l'OMPI.

« En juin 2010, Isabelle Durant organisait pour sa part un déjeuner controversé en l'honneur de Mottaki le tristement célèbre ministre des Affaires étrangères iranien, alors qu’il était hué au Parlement européen par des eurodéputés brandissant des photos de Neda Agha Soltan, la jeune étudiante iranienne tuée par les gardiens de la révolution iranienne lors des soulèvements pro-démocratiques de juin 2009.

« Un invité surprise à la rencontre de la Délégation début avril était Rouzbeh Parsi, frère de Trita Parsi, un partisan bien connu du rapprochement avec la République islamique qui dirige le principal groupe de lobbying pour Téhéran à Washington, appelé NIAC. Trita vient tout juste de perdre un procès à Washington DC contre des exilés iraniens qu'il accusait de l'avoir diffamé comme lobbyiste pour le régime.

« À l'instar de son frère, Rouzbeh, qui assiste également aux rencontres du NIAC aux États-Unis, maintient un contact étroit avec l'ambassade iranienne à Paris et a obtenu un poste d'influence dans les cercles décidant de la politique iranienne de l'Union Européenne (European Union Institute for Security). Depuis juin 2009, il est chercheur à l'Institut de Sécurité de l'Union Européenne basé à Paris. Il prêche pour des relations commerciales et un engagement plus élevés avec l'Iran, en dépit de la nouvelle politique de l'Union Européenne de durcir les sanctions, tout en dissuadant le soutien à la véritable opposition. »

Le lobby du régime s’active également en France, où il a pu obtenir une interview pour Trita Parsi à Paris avec un journaliste d’origine iranienne, Armin Arefi, sur le site Le Point.fr. Le présentant comme « spécialiste de la politique étrangère de l'Iran », Arefi précise que Parsi est « président du National Iranian American Council (NIAC).

Il est évident qu’un déplacement des parlementaires européens sera traduit par le pouvoir iranien comme un blanc-seing pour la poursuite de sa répression cruelle, de ses activités nucléaires illicites et de son ingérence néfaste dans la région.

Le président du PE devrait s’empresser d’empêcher cette visite qui serait un soutien de la démocratie européenne à la dictature religieuse, de quoi saper pour de bon la crédibilité du Parlement européen.