11202017Lun

Yahia Gouasmi, branche de la gangrène khomeiniste en France ?

Iran Focus : Cela faisait quinze ans que dans une complicité avec les gouvernements américains successifs, le régime en Iran se réjouissait du maintien de sa principale force d’opposition sur la liste des organisations terroristes. Mais voilà, depuis octobre la justice a décidé de retirer l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran de cette liste noire, la laissant désormais mener librement ses activités légitimes. Le Département d’Etat a été contraint de se plier à la justice.

Les mollahs sont frustrés, voire affolés et mobilisent en Iran comme à l’étranger tous les moyens pour manifester leur désarroi. Ils ont dégainé la grosse Bertha de la propagande pour endiguer le raz-de-marée déclenché par ce mouvement populaire en Iran. Des prières du vendredi aux chaines satellites d’Etat, tous sont en train de tirer à vue sur ces « mécréants » que le régime taxe de « monafeghine » (hypocrites, pour dissimuler la référence de l’OMPI à un islam tolérant et une démocratie laïque).

Les réseaux dormants ou actifs de Téhéran, ses ramifications et lobbies à l’étranger ne sont pas en reste et se mobilisent pour fondre sur ces farouches opposants. On peut lire par exemple sur le site de l’IRIB (radio officielle iranienne) l’opinion d’un certain Yahia Gouasmi qui signe président du « Parti Anti Sioniste » en maniant le vocabulaire haineux propre aux gardiens de la révolution, répétant des faits maintes fois démentis pour discréditer l’OMPI. Le pamphlet se termine ainsi « Quant aux Moudjahidine Khalk (« mounafikines »), ils sont déjà morts pour le peuple iranien ». Une annonce souvent faite par le régime iranien ces trente dernières années.

 La similitude des termes avec la rhétorique fasciste du pouvoir religieux en Iran n’est pas le fruit du hasard. Ce « président du Parti Anti Sioniste » a un double turban, à défaut de casquette ; il se présente également comme « responsable de la fédération chiite de France » et gestionnaire du Centre Zahra de Dunkerque.

On pourrait croire à première vue, qu’on a affaire à un illuminé du « chiisme iranien » pensant rendre service à son guide suprême à Téhéran. D’après les informations glanées sur internet, il s’agirait d’un ancien boucher halal originaire d’Algérie qui s’est retrouvé dans les années 80 dans l’Iran dominé par Khomeiny en pleine répression des opposants (particulièrement des Moudjahidine du peuple, dont 120.000 membres ont été exécutés) alors que l’imam criminel prolongeait une guerre meurtrière contre l’Irak au détriment de son peuple. On peut imaginer quelle est la version du chiisme assimilée par l’ex-boucher de Dunkerque.

Plus révélateur encore est le site du centre Zahra et les médias iraniens où les photos souvenirs avec les dignitaires de la dictature iranienne sont fréquentes, y compris avec Ahmadinejad. Gouasmi se définit ouvertement comme « un enfant de l'imam Khomeiny en France » ! Les voyages en Iran se succèdent et ses relations avec ce régime ne sont plus un secret. 

Gouasmi serait-il un représentant du chiisme en France ? Certainement pas. Sur le site Zahra on constate qu’Ali Khameneï est présenté comme le "Guide des affaires des musulmans". Il pousse donc le bouchon jusqu’à faire du chef du régime iranien le guide non seulement des chiites mais également des musulmans du monde ! Un affront pour ces deux branches de l’islam qui ne se reconnaissent en aucun cas dans ce pouvoir qui manipule la religion.

Khamenei est tout sauf un guide des chiites. L’Iran est certes à majorité chiite et le pouvoir aux mains de Khamenei, mais son autorité est contestée par pratiquement l’ensemble des ayatollahs et dignitaires religieux qui pèsent encore. En ce qui concerne la cote de Khamenei auprès de la population iranienne, on a pu en avoir un aperçu lors des émeutes de 2009 réprimées dans le sang et plus récemment dans les manifestations du mois d’octobre dans la capitale. Alors Gouasmi serait-il une excroissance du régime iranien en France ? Peut-être bien. En tout cas en criant avec les loups contre l’opposition, Gouasmi dévoile sa couleur.

Fidèle à la traditionnelle manipulation de la cause palestinienne par le régime iranien, le Parti Anti Sioniste épaulé par le site "Palestine solidarité" reproduit le brouillon de désinformation de Gouasmi. Le Vevak, service de renseignement iraniens, Almanar, la chaine du Hezbollah Libanais, Thierry Meyssan qui a récemment rencontré Ahmadinejad à Téhéran, ou Alain Soral (transfuge du Front national) qui fait souffrir, sur son site « égalité et réconciliation », Che Guevara et Patrice Lumumba dont il colle les photos à côté de celles de Poutine, Khadhafi et Ahmadinejad, voilà ancien boucher, barbouzes, théoriciens de complots, agents d’un régime en fin de course, qui tous s’efforcent sur le radeau de la Méduse d’éclabousser  en vain la Résistance iranienne et de salir du même coup le combat légitime du peuple palestinien qui se passerait bien des mollahs et consorts pour mener son combat.

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A l'occasion du pèlerinage, une page du site centre-zahra.com affiche le message d'Ali Khamenei, le « guide suprême » des mollahs, comme le message du « Guide des affaires des Musulmans ». Une expression bien grotesque que seul le noyau dur du régime iranien peut utiliser.