08222017Mar

Iran : rappelons nous du massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988

Iran Focus:  En 1988, Rouhollah Khomeiny, le guide suprême des mollahs, a lancé sa "solution final" par une fatwa décrétant le massacre des prisonniers politiques en Iran. Durant le terrible été 1988, plus de 30 000 prisonniers politique dont une grande partie était en prison pour avoir milité ou sympathisé avec les Moudjahidine du peuple d'Iran, la principale force d'opposition au régime, ont été exécutés. 

C'est  le CNRI qui, alerté par les familles des prisonniers politiques, a pour la première fois alertée en 1988, l'opinion publique sur l'existence de ces massacres. En automne 1988, de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme ont fini par tirer la sonnette d’alarme sur les exécutions de masse qui se poursuivaient en Iran et demandaient une enquête internationale.

En décembre 2000, Hossein-Ali Montazeri, un religieux de 79 ans, qui avait été pendant dix ans le successeur désigné de Khomeiny, le dirigeant suprême du régime théocratique au pouvoir en Iran, publiait ses mémoires. Ce texte révélait des documents choquants sur les atrocités commises par le régime, dont la plus horrifiante sur le massacre des prisonniers politiques en 1988 sur l’ordre de Khomeini. Le livre de Montazeri a également le mérite d’avoir une valeur légale et politique unique, dans la mesure où il révèle pour la première fois, des documents clés sur la manière dont  le massacre avait commencé et conduit par la suite. Parmi ces documents, le plus important est le texte de la fatwa – décret religieux qui a la force de la loi en Iran des mollahs – par laquelle Khomeiny ordonne le massacre de tous les prisonniers politiques. « Ceux qui, à quelque niveau que ce soit, continuent à appartenir aux Monaféquines [Moudjahidin] doivent être exécutés. Exterminez les ennemis de l’Islam immédiatement, » a-t-il décrété.

Le 9 août 2016, un document confidentiel enregistré sur cassette audio d'une réunion tenue le 15 août 1988 entre l'ayatollah Hossein-Ali Montazeri, ancien héritier présomptif de l'ayatollah Khomeiny, des membres du ministère de la Justice et du Renseignement iranien, a été rendu public après 28 années de secret. Il montre de nouveaux détails sur la plus grande vague d'exécutions politiques au monde depuis la Seconde guerre mondiale. Dans ce document audio les auteurs du massacre de 1988 confirment eux-mêmes de vive voix ces exécutions. Les exécutions de masse de prisonniers politiques ont débuté en Iran dès 1981.

Selon les avis des juristes internationaux et les organisations des droits de l'homme, ce massacre est un exemple flagrant de crimes contre l'humanité et de génocide. Car son principal objectif était d'éradiquer un mouvement politique spécifique.

Le journal ‘Le Monde’ écrivait en mars 1989 : « L’imam Khomeini a convoqué le procureur de la révolution , Hojjato-Islam Khoeiniha, pour lui donner l’ordre de faire exécuter tous les Moudjahidin, qu’ils soient en prison ou ailleurs, pour être entrés en guerre contre Dieu. Les exécutions ont suivi les procès sommaires. Le procès consistait à mettre en œuvre des méthodes différentes de pression pour forcer les prisonniers à repentir, changer d’opinion ou passer à l’aveu...Parmi de très jeunes Moudjahidin exécutés, se trouvait certains de ceux qui étaient emprisonnés depuis 8 ans, alors qu’ils n’étaient âgés que de 12 à 14 ans, pour avoir pris part aux manifestations publiques » (Le Monde, 1er mars, 1989).