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L’Orient-le-Jour, Beyrouth, 14 mai - Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud el-Fayçal, a lancé hier un sévère avertissement à l’Iran, affirmant que ce pays a « soutenu le coup d’État » au Liban et que ses relations avec le monde arabe et islamique en seront affectées. Affirmant que le royaume saoudien appuie la « légalité » libanaise représentée par le gouvernement Siniora, il a renouvelé son appel à la Syrie à intervenir « positivement » au Liban et estimé que cela ne nécessitait pas des concertations avec Damas.
Répliquant au ministre saoudien, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que son pays « ne répondra pas, par respect pour le roi Abdallah d’Arabie », et soutenu que l’Iran est « le seul État à ne pas s’ingérer au Liban ». Cette déclaration « peut avoir été prononcée sous le coup de la colère. Nous attendrons que la colère s’apaise et ensuite nous nous exprimerons », a affirmé le président iranien, disant avoir été informé des propos du chef de la diplomatie saoudienne par un journaliste. Le président a aussi suggéré que la déclaration du ministre saoudien pouvait ne pas refléter celle du roi : « Il a donné son point de vue et je ne sais pas jusqu’à quel point il concorde avec celui du roi Abdallah », a-t-il dit. « L’Iran a soutenu le coup d’État au Liban », avait déclaré le prince Saoud lors d’une conférence de presse à Riyad. « Les relations de l’Iran avec tous les pays arabes, pour ne pas dire tous les pays islamiques, seraient donc affectées », avait-il averti. « Le royaume appelle une fois de plus toutes les parties régionales à respecter la souveraineté et l’indépendance du Liban, à arrêter de s’immiscer dans ses affaires intérieures et attiser les violences confessionnelles », a ajouté le prince. « Nous soutenons la légalité libanaise représentée par le gouvernement. Ce dernier a proposé une solution au sujet des décisions qu’il avait adoptées. La Ligue arabe a soutenu cette proposition », a-t-il dit, expliquant que la mission de la commission arabe sera de « convaincre la minorité d’accepter la proposition du gouvernement ». Le ministre a indiqué que l’ambassadeur saoudien à Beyrouth, Abdel Aziz Khoja, qui avait quitté le Liban, avait été rappelé pour consultations et qu’il retournerait à son poste « dès que le calme sera rétabli ». Interrogé sur le rôle de la Syrie, le prince a souligné la nécessité d’une « intervention positive » de Damas auprès de ses alliés. « Ce n’est certes pas d’une ingérence négative qu’il doit être question. Si la Syrie est prête à agir positivement, cela sera une bonne chose et il n’est pas nécessaire qu’il y ait des concertations avec elle à ce sujet », a-t-il dit. S’interrogeant sur les causes de ce qui s’est passé au Liban, il a dit : « Quel est donc le crime qu’a commis le gouvernement libanais en limogeant un officier et en enquêtant sur un réseau ? Cela mérite-t-il cette attaque violente qui vise à exterminer les gens ? Voilà la question qu’il faut se poser. » Enfin, un journaliste lui ayant demandé pourquoi l’on parle souvent de l’ingérence syro-iranienne et pas de l’ingérence israélienne, le prince a dit : « Cela fait soixante ans que l’on parle d’Israël. Cela ne vous suffit donc pas ? » |