Economy Économie Le parlement iranien embourbé dans la corruption

Le parlement iranien embourbé dans la corruption

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Le parlement iranien embourbé dans la corruption

Depuis le commencement de la construction du bâtiment en pyramide où siège le parlement iranien, le budget de construction a été intégré dans les lignes budgétaires du parlement lui-même. Il est dit que cet argent devra financer la construction d’un bâtiment organisationnel pour les députés, d’un héliport, d’une clinique, etc. Le budget serait de 41 milliards de tomans.

Dans ce contexte, et en vue des informations qui circulent au sujet de la corruption dans la construction du bâtiment parlementaire, plusieurs questions se posent. Quand ces constructions seront-elles terminées ? Pourquoi le gouvernement vote-t-il un budget de construction pour le parlement tous les ans ? Étant donné que la construction de bâtiments organisationnels pour le personnel du gouvernement est interdite par la loi, les législateurs reçoivent-ils toujours des fonds ? Les députés bénéficient-ils d’une clinique privée ?

Dans la mesure où il y a désormais 290 députés, et si nous acceptons que ce chiffre continuera d’augmenter tous les quatre ans proportionnellement à la population, un bâtiment aurait dû être construit pour les députés, mais pourquoi le parlement reçoit-il toujours un budget de construction ?

Dans le projet de Sohanak, censé fournir des logements aux députés, beaucoup de ceux-ci ont vendu leurs concessions à des personnes extérieures au parlement, de sorte que le projet rassemble des créditeurs de différents éléments de la société.

Ici aussi, des questions se posent mais restent sans réponse. Le parlement consacre-t-il son budget de construction à la construction de logements pour ses membres ? Alors que la loi sur les bâtiments organisationnels interdit la construction de ceux-ci pour le personnel de la plupart des organismes gouvernementaux, pourquoi le parlement continue-t-il à construire des bâtiments organisationnels ?

La participation du parlement au projet de loi budgétaire

Pendant une dizaine d’années après la révolution, le parlement n’avait aucun budget de développement. Le budget de construction du parlement est passé de 480 milliards de rials (48 milliards de tomans) en 2019 à 410 milliards de rials (41 milliards de tomans) cette année. Par contre, le budget du parlement est en augmentation, passant de 494 milliards de tomans l’année dernière à 571 milliards de tomans cette année. Alors que le montant prévu dans le projet de loi budgétaire était de 501 milliards de tomans, le parlement l’a augmenté de 70 milliards de tomans.

Selon Mehdi Pazuki, un expert économique lié au gouvernement, « le parlement a un budget de développement depuis des dizaines d’années. 41 milliards de tomans (le budget de la construction pour 2019), c’est beaucoup d’argent. A mon avis, s’ils avaient fait construire un bureau et un logement pour chacun des 290 députés, le processus serait désormais terminé. Je crois que le parlement devrait prendre l’initiative et se contenter de ce qui existe déjà. Si le parlement le fait de son propre chef, il peut servir de modèle aux autres organes exécutifs. Plus ils grandissent, plus ils nuisent à l’économie du pays. Le parlement avait acheté de nombreuses maisons sur l’avenue Khomeini ; je pense qu’il devrait toutes les revendre. Lorsque le parlement lui-même dépense sans compter, il ne peut s’attendre à la frugalité de la part des autres. »

Selon Hemmat Gholizadeh, un autre expert économique lié au gouvernement, « la construction du parlement a commencé en 1995 ou 1996 et les travaux ont continué jusqu’à maintenant. Cela fait 23 ou 24 ans que le parlement reçoit un budget de construction. Ils ne veulent rien faire de spécial, ils devraient simplement démolir les anciens logements des députés et construire de nouveaux logements pour eux. »

Comparant le budget de construction du parlement iranien avec d’autres pays dans le monde, Gholizadeh dit : « Regardez comment les députés britanniques sont tassés ! En Iran, par contre, le parlement veut de grands bâtiments. Le parlement n’a pas besoin d’être si grand. La corruption s’est répandue parce qu’il n’y a pas de véritable contrôle à cet égard ; c’est les députés eux-mêmes qui décident. Le nombre de députés n’a pas changé en 30 ans. Ils envisagent de construire un immeuble pour les réunions, c’est redondant et du gaspillage. Ils ont fait construire des héliports, des hôpitaux, des bibliothèques, alors que tous ces établissements existaient déjà près du parlement. »

Imposer des coûts au budget général du pays

Les crédits du parlement ne se limitent pas aux lignes de crédit qui figurent dans la loi budgétaire. Selon Mehdi Pazuki, les montants reçus par le parlement sont plus importants que les montants cités dans les textes.

Selon lui, « d’après la loi qu’ils ont votée, chaque député peut nommer cinq membres de l’organe exécutif, mais ce n’est pas le parlement qui paie les salaires, les heures supplémentaires et les charges sociales de ces gens. Ces montants sont payés intégralement par l’exécutif. Ce sont des dépenses engagées par le gouvernement. Plus d’un millier de personnes sont nommées par des membres de l’exécutif à la demande des députés et c’est le gouvernement qui paie leurs salaires, mais ces montants ne figurent pas dans le budget du parlement. »

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