Quelques 200 parlementaires en Europe ont soutenu l’appel de Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la Résistance iranienne, lancé à l’ONU pour envoyer une mission d’enquête en Iran. En effet, le régime iranien refuse toujours de divulguer les chiffres de la répression du soulèvement de novembre.

Sur les réseaux sociaux, des millions de personnes ont pu témoigner des atrocités sans précédent commises contre les manifestants. Selon Ali Rabiei, porte-parole de Rohani, c’est le Conseil suprême de sécurité nationale (CSSN) qui a bloqué la publication des chiffres. La coupure d'Internet a été décidée par le Conseil de sécurité de l'État, l'un des sous-ensembles du Conseil suprême de sécurité nationale.

A la tête du CSSN on retrouve Hassan Rohani, qui avec avec Ali Khamenei, le guide suprême des mollahs, et le commandant des pasdarans, sont les principaux responsables de la répression et du meurtre de plus de 1500 manifestants. Le Conseil suprême de sécurité nationale décide spécifiquement des questions de sécurité les plus sensibles.

Le régime iranien ne publie pas de chiffres sans doute pour deux raisons. Tout d’abord, cela entrainera pour lui de graves conséquences nationales et internationales, et ensuite, il tient à continuer d’exécuter et de tuer à huis clos dans les prisons.

Les Moudjahidine du peuple d'Iran, la principale force d'opposition démocratique, ont jusqu'à présent publié l'identité de 557 manifestants tués durant la répression de novembre.

Trois officiels du régime iranien ont confirmé les chiffres de l'opposition iranienne, le CNRI, de 1500 tués lors du soulèvement contre la dictature religieuse en novembre 2019. Ils affirment également que 400 femmes et 17 adolescents ont été tués. Cependant le nombre d'adolescents est plus élevé d'après les informations recueillies par les ONG et sur les réseaux sociaux. Cela renforce l’idée que le nombre de tués est lui aussi plus élevé.

L'OMPI a également estimé le nombre de détenus à 12 000. Vendredi 20 décembre, plus d'une dizaine d'experts des Nations Unies en matière de droits humains ont appelé le régime iranien à libérer toutes les personnes détenues arbitrairement lors des récentes manifestations.

« Nous sommes choqués par les informations faisant état de mauvais traitements infligés à des personnes détenues lors des manifestations qui ont eu lieu en novembre 2019, et profondément troublés par l'utilisation excessive de la force par les agents de sécurité iraniens qui aurait fait un nombre considérable de victimes », ont déclaré les experts de l'ONU.

À cet égard, Maryam Radjavi, la dirigeante de l’opposition iranienne, a appelé le Conseil de sécurité des Nations Unies et l’Union européenne à prendre des mesures urgentes pour faire libérer les prisonniers du soulèvement. Elle a demandé une fois de plus à l’ONU d’envoyer une mission en Iran pour enquêter sur ce crime et inspecter les prisons du régime.

C’est dans ce contexte que 200 parlementaires multipartites des pays européens ont soutenu l'appel de Maryam Radjavi lancé aux Nations Unies.

Plus de 200 parlementaires de 14 pays européens ont signé une déclaration exprimant leur soutien au soulèvement contre la dictature religieuse dans au moins 191 villes d’Iran, appelant à la démocratie et aux droits de l'homme.

Parmi les signataires figurent des députés italiens, suisses, portugais et britanniques ainsi que des parlementaires français, irlandais, polonais, roumains, lituaniens, maltais, albanais, de San-Marin, marocains et jordaniens.

La déclaration est également soutenue par plusieurs personnalités politiques de premier plan, dont l'ancien ministre canadien des Affaires étrangères John Baird, l'ancien ministre italien des Affaires étrangères Giulio Terzi, l'ancienne ministre marocaine de l'Éducation et de la Jeunesse Najima Thay Thay et les anciens ministres jordaniens Saleh al-Ghalab et Bassam Alamoush.