06262019Mer

La visite du ministre iranien des Affaires étrangères au Parlement européen déclenche un tollé

Deutsche Presse-Agentur

Bruxelles - Une visite du ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a déclenché un tollé mardi au Parlement européen à Bruxelles, avec un député le qualifiant «d’assassin» (voir le clip)..

Le conservateur britannique Struan Stevenson a lancé son attaque verbale avant que Mottaki n’entre à la commission des Affaires étrangères pour une audience à huis clos. Il tenait une photo de Neda Agha Soltan, une étudiante tuée l'an dernier lors des manifestations contre le président iranien réélu Mahmoud Ahmadinejad.

Une douzaine de députés de centre-droit d'Italie, d'Espagne et d'Estonie ont pris part à la protestation, mais tous ont été repoussés avec brusquerie par la sécurité pour faire place à M. Mottaki.

Une brève empoignade a suivi entre les eurodéputés et les gardes du Parlement européen, mais aucun blessé n'a été signalé.

Les députés et les responsables du Parlement européen, qui ont écouté M. Mottaki ont déclaré qu'il rejetait toute critique de l'Iran en matière de droits de l'homme et qu’il avait défendu le programme nucléaire de son pays, dont les nations occidentales craignent qu’il ne soit utilisé à des fins militaires.

Alejo Vidal-Quadras, un eurodéputé espagnol qui faisait partie de la manifestation anti-Mottaki, a déclaré : «la première chose qu’il (Mottaki) a fait » a été de critiquer Israël pour l'attaque de lundi sur une flottille défiant l'embargo naval de la bande de Gaza, qui a abouti à au moins neuf morts.

« C'était une séance honteuse », a déclaré Vidal-Quadras.

Un libéral allemand, Alexander Graf Lambsdorff, a déclaré à l'agence de presse allemande dpa que Mottaki avait été brutal, « au point d’être agressif, affirmant que l'UE n'avait pas de politique étrangère ».

Le bloc a pendant des années négocié, au nom de la communauté internationale, avec des représentants de l'Iran, mais n'a jamais réussi à trouver un accord sur la question nucléaire.

Sortant de l'audience au bout d’une heure et demie, M. Mottaki a déclaré aux journalistes qu'il avait eu « une discussion franche et quelque peu amicale », affirmant que cela avait été « en général une bonne réunion ».

Plusieurs eurodéputés ont déclaré qu’on aurait dû lui refuser une tribune.

« C'est comme inviter (le ministre des Affaires étrangères de l'Allemagne nazie Joachim von) Ribbentrop au Parlement européen, cet homme est une honte», a dit Stevenson à dpa.

Mais le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, l'italien de centre-droit Gabriele Albertini, a défendu la décision.

« L'alternative est soit de confronter des opinions pouvant être différentes des nôtres ou les ignorer, et nous sommes dans un parlement qui tire son inspiration des valeurs de la liberté d'expression et de la démocratie », a-t-il dit.

Mottaki s'est rendu à Bruxelles dans le contexte de tensions accrues au Moyen-Orient en raison de l'attaque d'Israël contre la flottille, tandis que le Conseil de sécurité de l’ONU discute d'une résolution pour renforcer les sanctions contre le régime de Téhéran.

Le Parlement européen n'a pas voix au chapitre dans la politique étrangère de l'UE, mais sert souvent de lieu de débat sur les affaires internationales.

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