Pour Erdogan, le "tueur" Assad va "payer un prix très très élevé"

ISTANBUL, (AFP) - Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré dimanche que le président syrien Bashar al-Assad, qu'il a qualifié de "tueur", paierait "un prix très, très élevé" pour ce qu'il fait dans son pays.

"Vous, Bachar Assad, je jure devant Dieu que vous paierez pour tout cela", a martelé le président turc dans une de ses plus virulentes attaques contre le président syrien.

"Vous paierez un prix très, très élevé pour le courage dont vous faites preuve devant les bébés couchés dans leur berceau, mais dont vous êtes incapable devant les autres", a vitupéré le dirigeant turc devant un parterre de parlementaires.

"Si Dieu le permet, nous verrons ce tueur, ce meurtrier recevoir le jugement (qu'il mérite) dans ce monde... et nous louerons (Dieu) pour cela", a poursuivi M. Erdogan.

Ces mots ont été prononcés après l'annonce du bombardement aérien par Israël d'un complexe militaire syrien, près de Damas, qui, selon des sources israeliennes, abritaient des armes venant d'Iran et destinées au Hezbollah libanais, un allié de Damas.

Selon les mêmes sources, l'Etat hébreu avait également pris pour cible, jeudi soir, un entrepôt comprenant des stocks d'armes sur l'aéroport de Damas.

Ankara avait déjà vertement critiqué le régime syrien en février dernier après qu'Israël eut implicitement confirmé une attaque aérienne sur un complexe militaire situé près de Damas.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, s'était alors moqué de l'armée syrienne qui, selon lui, s'était montré dans l'impossibilité de répliquer aux opérations d'Israël, son ennemi juré.

"Mais pourquoi donc la Syrie n'est-elle donc même pas en mesure de lancer un caillou", avait ironisé le ministre devant les medias.

La Turquie a rompu ses relations avec la Syrie après avoir exhorté à maintes reprises Damas à oeuvrer à un règlement négocié du conflit qui fait rage depuis maintenant trois ans et a fait plus de 70.000 morts sur le sol syrien.

Depuis, la Turquie s'est délibérément rangée au côté de l'opposition armée syrienne et a accueilli quelque 400.000 réfugiés ainsi que des déserteurs de l'armée de Bachar Al-Assad.

La Turquie a en outre invité la communauté internationale à s'impliquer davantage dans une solution du conflit.