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La justice iranienne veut imposer de nouvelles restrictions à l'internet

TÉHÉRAN, 21 septembre 2014 (AFP) - La justice iranienne a lancé un ultimatum d'un mois au gouvernement pour interdire les réseaux Viber, Tango et WhatsApp, une mesure qui s'ajoute aux restrictions existantes et va à l'encontre de la promesse du président Hassan Rohani d'une plus grande liberté.

"Après l'ordre donné par le chef du pouvoir judiciaire, vous avez un mois pour prendre les mesures techniques afin d'interdire et contrôler les réseaux" Viber, Tango et WhatsApp, a écrit le numéro deux de la Justice, Gholamhossein Mohseni-Ejeie, dans une lettre au ministre des Télécommunications, Mahmoud Vaezi.

Dans cette lettre, publiée samedi par les agences de presse, M. Mohseni-Ejeie condamne "des messages contre la morale islamique et en particulier contre le fondateur de la République islamique (l'ayatollah Rouhollah Khomeiny) qui ont largement circulé sur les réseaux Viber, Tango et WhatsApp" ces dernières semaines.

Ces messages constituent "des délits", souligne-t-il.

Des messages similaires visant les responsables actuels, notamment le guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei, ont également circulé sur ces réseaux utilisés par plusieurs millions d'Iraniens, selon les médias.

Si le ministère des Télécommunications ne prend pas de mesures, la justice interviendra directement pour "interdire les réseaux sociaux ayant un contenu criminel", a ajouté M. Mohseni-Ejeie.

Pour l'instant, le ministre des Télécommunications n'a pas réagi à cette injonction.

- 'Groupes contre-révolutionnaires' -

Il y a quelques jours, l'adjoint du chef de la police, le général Hossein Ashtari, avait indiqué qu'"avec l'aide d'autres services de sécurité, la cyberpolice (avait) découvert des pistes sur l'origine des insultes contre les valeurs sacrées et l'imam Khomeiny".

Les conservateurs affirment que ces "insultes" largement diffusées sous forme de plaisanteries sont l'oeuvre de "groupes contre-révolutionnaires".

Mais un intellectuel modéré, Sadegh Zibakalam, a récemment affirmé que des ultra-radicaux pourraient être à l'origine de ces messages pour donner un prétexte pour interdire ces réseaux.

Les autorités censurent déjà Facebook, Twitter, YouTube et filtrent des millions de sites à caractère politique ou sexuel. Plus récemment, les autorités ont également bloqué le réseau WeChat, utilisé par les jeunes pour se rencontrer.

Le président Rohani, un religieux modéré, qui prône une plus grande liberté politique et culturelle, dans le respect des valeurs de la République islamique, a critiqué à plusieurs reprises au cours des derniers mois les restrictions à l'internet.

"Certains pensent qu'on peut régler les problèmes en construisant des murs. Vous créez des filtres (pour restreindre l'accès à internet), ils créent des proxys (logiciels permettant de contourner ces restrictions). Cela ne marche pas", a déclaré il y a deux semaines le président, qui avait ajouté que la censure de l'internet était contre-productive.

- Empêcher la visiophonie -

Une récente décision du gouvernement d'étendre la licence 3G à deux grands opérateurs téléphoniques iraniens a provoqué une polémique, certains conservateurs s'inquiétant de la possibilité pour les usagers d'utiliser la visiophonie, qui pourrait permettre aux personnes non mariées de se voir de façon inappropriée ou être utilisée pour la prostitution.

Voulant calmer les critiques, le ministère des Télécommunications a confirmé que les services de visiophonie ne seraient pas ouverts sur le territoire. Reste que les réseaux Viber et Tango ont déjà un service de visiophonie largement utilisé par des jeunes.

Selon la presse, cinq millions d'Iraniens sur une population de 77 millions d'habitants utilisent Viber.

D'après une récente étude menée par le ministère du Sport et de la Jeunesse, 67,4% des jeunes interrogés utilisent internet, dont 19,1% pour chatter, 15,3% pour aller sur les réseaux sociaux, 15,2% pour se divertir. Seuls 10,4% d'entre eux y font des recherches scientifiques.

Selon la même étude, plus de 69% des jeunes iraniens utilisent des logiciels pour contourner la censure d'internet.

"C'est très facile d'acheter un VPN (Virtual Private Network) qui permet de contourner la censure. Cela coûte 200.000 rials (environ 6 dollars) pour un bon VPN et le tiers pour un logiciel de qualité moyenne", a déclaré à l'AFP, Hamid, un jeune étudiant. "On l'acheter dans n'importe quel magasin" de téléphonie, ajoute-t-il.

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