WASHINGTON, 4 février 2014 (AFP) - Le secrétaire d'Etat John Kerry a évoqué avec le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius la visite en Iran d'entreprises françaises, en rappelant que les sanctions américaines restaient majoritairement en place, selon une responsable de la diplomatie américaine mardi.

 

"Téhéran n'est pas ouvert aux affaires car la suspension de nos sanctions est assez temporaire, limitée et ciblée", a déclaré Wendy Sherman, numéro trois du département d'Etat, lors d'une audition au Sénat américain.

 

La haute responsable faisait face à des sénateurs inquiets des délégations d'entreprises étrangères, notamment mardi du Medef International, se rendant en Iran depuis la mise en place, le 20 janvier, de l'accord intérimaire de Genève sur le nucléaire iranien.

 

Selon elle, John Kerry a personnellement évoqué avec Laurent Fabius la délégation de 116 représentants d'entreprises françaises menée par le Medef International.

 

"Le secrétaire Kerry a parlé directement au ministre des Affaires étrangères Fabius sur la délégation commerciale, qui était une délégation privée d'entreprises et non gouvernementale, et il lui a dit que cela n'aidait pas les choses, et qu'il ne s'agissait pas de +business as usual+", a-t-elle expliqué.

 

"A la plupart de ces délégations --et nous leur parlons à toutes--, nous leur disons quelles sont les limites de ce qu'elles peuvent faire et leur expliquons que nous les sanctionnerons. Peu importe que ce soit des pays amis ou pas, s'ils enfreignent nos sanctions, nous les identifierons, et nous les sanctionnerons tous. C'est le message que nous avons envoyé", a-t-elle prévenu.

 

De nombreux parlementaires américains sont sceptiques de l'accord d'étape de Genève, qui a conduit à la suspension le 20 janvier de certaines sanctions et au dégel de certains avoirs iraniens à l'étranger, en échange du gel d'une partie des activités nucléaires sensibles en Iran. Téhéran a ainsi obtenu ce week-end le versement de 550 millions de dollars, sur un total de 4,2 milliards d'avoirs gelés.

 

"Nous avons fait des concessions sur notre régime de sanctions internationales, qui est incroyablement efficace, sans clairement définir les paramètres de ce que nous voulons dans un accord final", a critiqué le président de la commission des Affaires étrangères, le démocrate Robert Menendez.

 

Avec de nombreux collègues des deux partis, il a déposé une proposition de loi, actuellement bloquée, qui forcerait la main du président Barack Obama pour imposer des sanctions contre Téhéran dans le cas où le régime refuserait de démanteler l'intégralité de son infrastructure nucléaire.