Iran Focus - Le régime iranien a décidé de supprimer le quota de 60 litres d'essence subventionné pour les particuliers, unifiant ainsi le prix de l'essence mais aussi du gazole. Une mesure qui ne fera qu'ajouter à l'inflation et la précarité de la population durement touché par la crise économique et dont une grande majorité se trouve déjà sous le seuil de la pauvreté selon les propres statistiques du régime.

A partir de mardi minuit, le prix d'un litre d'essence normal sera de 10.000 rials (environ 0,3 dollar) et celui du super 12.000 rials (O,36 dollar). Le prix du gazole sera de 3000 rials (0,09 dollar).

Cette mesure a été décidée dans le cadre d'un plan général adopté en 2010, qui vise à augmenter progressivement le prix de l'essence et des autres produits énergétiques jusqu'à 90% de leur prix dans le Golfe, a rapporté l’AFP.

Depuis l'adoption de ce plan, le prix de l'essence a fortement augmenté. En avril 2014 déjà, le prix de l'essence subventionné avait augmenté de 75% et celui de l'essence "libre" de 43%.

Dans le cadre de ce plan, le prix de l'électricité, du gaz, du kérosène, mais aussi de l'eau et du pain augmente également mais de manière progressive.

Cette augmentation excessive, sous prétexte de financer les subsides, intervient au moment où une part importante des richesses du pays et la manne pétrolière servent à financer la répression intérieure, le programme aventuriste du nucléaire militaire et la politique d'ingérence et d'exportation du terrorisme dans la région, notamment pour financer le soutien obstiné à la dictature de Bachar Assad. En outre, les revenus du pays sont détournés largement sur les comptes de dirigeants iraniens à l'étranger.

La population doit subir cette augmentation drastique alors qu'on estime que la richesse d'une seul des fondations contrôlées par Ali Khamenei, le guide suprême du régime, s'élève à $95 milliards (Reuters, 11 novembre 2013). Une empire économique colossale dont les revenus échappent à tout contrôle et sert à financer la machine de répression et de terrorisme du régime. Rappelons qu'une part conséquente des avoirs de cette fondation a été confisquée à la population sous divers prétextes.

Cité par l'agence de presse officielle Tasnim, Hassan Nobakht, porte-parole du gouvernement Rohani, a déclaré sur le plan de reforme économique du régime : "quatre millions de personnes, soit seulement 3 % de la population, ont accepté de renoncer à l'aide financière de l'État." Le fait que 97 % des familles se soient inscrites pour recevoir l'aide de l'État illustre bien l'étendue de la pression économique que subit la population et l'ampleur du déclin de la classe moyenne en Iran.

Par ailleurs, au dire d'Ismaïl Jalili, membre de la commission du budget du Majlis, "en examinant les formulaires d'inscription, on constate que les revenus de plus de 80 % de la population sont en deçà de 600 000 toman ($176) (agence Tasnim, 20 avril)". Sachant que le seuil de pauvreté retenu par le régime est de 1.800.000 toumans ($529) pour une famille, on peut constater que le revenu de la majorité des iraniens n'est que le tiers du montant de référence pour le seuil de la pauvreté en Iran.

En augmentant les prix du carburant, le régime va en réalité soustraire du panier familial bien plus que ce qu'il lui allouait sous forme d'aide de l'État, ajoutant de la sorte au chômage et à la précarité qui pèse déjà bien lourd sur les couches sociales.

Tant que les mollahs seront au pouvoir, il n'y aura pas d'espoir de solutions aux maux économiques du pays. La régénération d'une économie malmenée depuis 35 ans par l'incurie et la corruption des mollahs, ne peut s'envisager qu'avec un changement de régime vers la démocratie et l'instauration de la souveraineté populaire.

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