BRUXELLES, 20 avr 2012 (AFP) - L'Union européenne a décidé de reporter d'un mois, sur pression des Grecs, l'examen de l'embargo pétrolier contre l'Iran, qui doit s'appliquer à partir de l'été à tous les contrats existants, a-t-on appris vendredi de sources diplomatiques.

Il est toutefois "très improbable" que cet examen conduise à une annulation de la décision prise en janvier par l'Union européenne, ont estimé ces diplomates.

Les ministres européens des Affaires étrangères avaient décidé à l'origine de se retrouver en avril pour discuter de cet embargo notamment "en vue d'assurer la continuité de l'approvisionnement énergétique des États, en prenant en compte leur situation économique nationale".

Mais alors que les ministres doivent se retrouver lundi à Luxembourg, les représentants des 27 États membres de l'UE ont décidé cette semaine de porter cette question à l'ordre du jour de la réunion suivante, prévue en mai.

En proie à d'importantes difficultés budgétaires, la Grèce est très dépendante des importations de pétrole brut iranien et s'était très difficilement laissée convaincre par ses partenaires européens de voter en faveur d'un embargo pétrolier.

"A ce stade, la Grèce nous a assuré que pour le moment, elle semble être en mesure de maintenir la situation sous contrôle", a souligné un diplomate de haut rang sous couvert d'anonymat.

"Mais elle a demandé la possibilité de revenir sur cette question en mai ou même en juin et ceci a été accepté par tous les États", a-t-il précisé.

Peut-être les Grecs caressent-ils "l'espoir d'une évolution de l'UE" sur la question de l'embargo et souhaitent "coller plus précisément" au calendrier des discussions sur le nucléaire iranien avec les grandes puissances, suppute un autre diplomate européen.

La prochaine réunion des grandes puissances avec l'Iran pour discuter du nucléaire iranien est prévue le 23 mai à Badgad. La réunion des ministres des Affaires étrangères européens est, elle, prévue le 14 mai à Bruxelles.

Autre pays européen dépendant des importations iraniennes, l'Italie a assuré de son côté avoir changé de fournisseur depuis le mois de février.