Le Figaro: Par Hayat Gazzane - L’Union européenne a confirmé qu’elle n’achèterait plus une goutte de pétrole iranien à partir du 1er juillet prochain. La décision pourrait entraîner une nouvelle réduction de la production pétrolière de l’Iran.

Le pétrole iranien ne trouvera plus de débouchés en Europe à partir du 1er juillet prochain. L’embargo progressif, qui avait été décrété par les Vingt-Sept en janvier dernier, a été confirmé ce lundi lors d’une réunion à Luxembourg des ministres européens des Affaires étrangères. «Les contrats d’importation de pétrole iranien conclus avant le 23 janvier devront être rompus d’ici au premier juillet», expliquent ces derniers. À partir de la même date, les assureurs européens ne pourront plus couvrir le transport de pétrole iranien.

Bruxelles avait fixé un délai de six mois, jusqu’au 1er juillet, pour les contrats existants de façon à laisser le temps aux pays les plus dépendants de se retourner. Parmi eux figurent la Grèce, qui achète environ 30% de son pétrole en Iran, Téhéran lui proposant un tarif préférentiel. Athènes était la seule à réclamer le report de l’entrée en vigueur de l’embargo qui risque d’aggraver ses difficultés budgétaires. Les autres pays les plus dépendants, notamment l’Italie (13% de pétrole iranien dans ses importations de brut) et l’Espagne (12%), avaient déjà réduit leurs achats en début d’année selon la Commission européenne.

L’offre iranienne au plus bas depuis 20 ans

Cet embargo avait provoqué des réactions en cascade les semaines qui suivirent son annonce. L’Iran, qui avait rapidement stoppé ses exportations vers la France et la Grande-Bretagne, laissait notamment entendre qu’un boycott généralisé de l’Europe s’appliquerait rapidement. L’information avait engendré une escalade des cours du pétrole qui avoisinaient en février les 120 dollars pour le Brent et les 105 dollars pour le WTI. Bien que démenties, les rumeurs continuaient de faire frémir les marchés. Ces derniers voyaient surtout d’un mauvais œil la menace brandie par Téhéran de fermer le détroit d’Ormuz par lequel transitent près de 40% du trafic maritime pétrolier mondial. Les investisseurs ont estimé par la suite que cette option était inenvisageable car elle risquait d’affecter en premier lieu la Chine, l’une des rares puissances à conserver une attitude modérée envers l’Iran et qui absorbe 22% de son pétrole. L’Asie a d’ailleurs été présentée comme l’issue de secours par les dirigeants iraniens en cas d’application de l’embargo européen. En plus de la Chine, l’Inde achète 13% du pétrole iranien et le Japon 14%. L’UE représentait jusqu’ici 20% des exportations.

Par anticipation, l’Iran a progressivement réduit sa production totale de brut, obligeant l’Arabie Saoudite à augmenter la sienne pour éviter une flambée des cours. Actuellement, l’offre iranienne diminue de 300.000 à 800.000 barils par jour selon les observateurs, ce qui l’amène à un plus bas depuis vingt ans selon les estimations de l’Opep.

Pétrole toujours en baisse

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