Iran Focus : À l’occasion du 1er mai, qui célèbre la journée des travailleurs et travailleuses, il est important de rappeler les difficultés auxquelles se heurtent au quotidien les travailleurs en Iran.

Des droits syndicalistes non respectés

Alors que le syndicalisme est aujourd’hui un droit acquis dans la plupart des sociétés depuis plus d’un siècle, ce n’est toujours pas le cas en Iran et dans d’autres pays où les droits de l’homme ne sont pas respectés.

Rappelons que l’Iran détient le triste record du nombre d’exécution par habitant, et se situe également tout en bas de la liste des pays qui respectent les droits syndicaux. La population iranienne n’a pas le droit de former des organisations syndicales indépendantes, considérées comme une « menace sécuritaire » par le régime des mollahs.

Certains syndicalistes sont en prison, comme Esmaïl Abdi, prisonnier d’opinion et Secrétaire général du Syndicat des enseignants iraniens (SEI, indépendant), condamné à six ans de prison pour "participation à des réunions pour commettre des crimes contre la sécurité de l’Etat" et "propagande contre l’Etat". Abdi a déclaré qu’il entamera une grève de la faim le 1er mai en signe de protestation contre la répression envers les syndicalistes, et sa situation a été dénoncée par Amnesty International.

D’autres syndicalistes ont même été exécutés, comme Shahrokh Zamani en septembre dernier, détenu pour sa participation aux grèves et manifestations de Tabriz. Quelques jours avant sa mise à mort, Zamani a invité les ouvriers iraniens à manifester pour revendiquer leurs droits et à s’allier avec les autres secteurs professionnels qui souffrent également du non-respect des droits syndicalistes.


Une situation économique désastreuse

En outre, la gestion économique du régime est catastrophique, et ce malgré la levée progressive des sanctions internationales et la signature de l’accord nucléaire. Selon les propos du Guide suprême des mollahs, Ali Khamenei, 60% des entreprises ont dû fermer l’an dernier.

L’ancien ministre de l’Éducation du régime iranien, Haji-Babai, a révélé que le gouvernement n’a pas de fonds suffisants pour payer les salariés. Selon lui, l’économie du « pays est sur le point de s’effondrer » et les problèmes économiques ont à voir avec la gestion à 70%. Avec une inflation estimée à 35% (officiellement 15%) et des salaires qui ne suivent pas (le pouvoir d’achat a baissé de 73% en quelques années), l’écart se creuse et environ un tiers de la population iranienne vit en dessous du seuil de pauvreté.


Cette situation critique provoque de plus en plus de manifestations et de soulèvements, ce qui inquiète le régime et le conduit à interdire toute forme de contestation sociale. Les syndicalistes accusent le gouvernement de Rohani de ces mesures, comme le résument les propos de Jafar Azim Zadeh, syndicaliste ouvrier, et d’Ismaël Abadi, syndicaliste enseignant : « Depuis son installation, le gouvernement de Rohani a annoncé par le biais des autorités judiciaires un décret d'interdiction de grèves et de manifestation pour faciliter la répression des protestations ouvrières et enseignantes à travers le pays.

Alors qu'ils protestaient calmement sur leur lieu de travail, des centaines d'ouvriers et enseignants ont été convoqués, arrêtés et poursuivis en justice. Comme des milliers d'ouvriers et d'enseignants protestataires, nous n’avons eu aucune activité que celle de défendre notre dignité et celle de nos collègues.»

Malgré ces mesures de répression, les mouvements sociaux se multiplient pour protester contre la fermeture massive des usines, les licenciements à tout va et le non versement des salaires, comme la demi-douzaine de grèves et de manifestations du dimanche 24 avril dernier à Téhéran, Bandar Abbas et dans d’autres villes de l’ouest de l’Iran pour protester contre le gouvernement de Rohani et le pillage du salaire des travailleurs par les mollahs.

L'Organisation des moudjahidines du peuple iranien (OMPI) a d’ailleurs lancé un appel national de manifestation à l’occasion du 1er mai. De plus, l’ancien chancelier de l'Université de Téhéran, le Dr Mohammad Maleki, a également demandé aux jeunes iraniens de protester contre la dictature.

Le 1er mai est l’occasion de rappeler les problèmes iraniens au niveau économique et social et surtout le non-respect des droits de l’homme, dans l’optique d’un futur plus équitable, stable, libre et démocratique pour l’Iran.