L’exécution par pendaison de 25 prisonniers politiques kurdes sunnites mardi dernier par le régime iranien a suscité une large condamnation internationale. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a dénoncé vendredi ces exécutions il y a trois jours en Iran en raison de sérieux doutes sur l'impartialité de leur procès.

 

Zeid Ra’ad, précise que l'un des hommes qui a été pendu, Shahram Ahmadi, aurait été battu et contraint de signer un morceau de papier blanc sur lequel ses faux aveux ont été enregistrés. Les membres de sa famille n’ont pas été en mesure de lui rendre visite avant son exécution et auraient été dirigés vers le cimetière au lieu de la prison de Rajai-chahr à l’ouest de Téhéran ».

Le journal Ouest France souligne à ce sujet que les groupes de défense des droits de l'homme ont déclaré que leurs condamnations s'appuyaient sur des aveux passés sous la contrainte.

Selon l'agence Irna, ces hommes, ont été condamnés pour le meurtre de deux imams et de plusieurs policiers dans l'ouest de l'Iran. Zeid Ra'ad Al Hussein a déclaré que « le caractère trop vague des accusations associé au mépris du droit des accusés à un procès équitable en bonne et due forme ont conduit à une grave injustice ».

Le Comité de Soutien aux Droits de l’Homme en Iran (CSDHI) rapporte les dernières paroles d’un des condamnés quelques jours avant son exécution clamant son innocence. Le CSDHI condamne fermement ces exécutions collectives et les qualifie de crime contre l’humanité. En taxant ses victimes de « terroristes » et de « djihadistes », le régime des mollahs voudrait profiter du climat qui règne en Occident pour acheter le silence des puissances occidentale afin d’éliminer toute forme d’opposition, y compris religieuse.

Ce régime a déjà prouvé que sa justice n’est ni équitable, ni fiable, elle est au service des intérêts d’un pouvoir manipulateur, cruel et intolérant. C’est pourquoi le CSDHI appelle l’ensemble des ONG qui défendent les droits humains et les gouvernements à condamner fermement ces crimes et à appuyer la demande formulée pour traduire en justice les responsables de ce régime pour crime contre l’humanité. Des crimes qui se perpétuent depuis 37 ans et que le gouvernement actuel de Rohani poursuit sans relâche et en toute impunité ».

L'Iran est l'un des pays au monde où se pratiquent le plus d'exécutions. Human Rights Watch a déclaré cette semaine qu'au moins 230 personnes avaient déjà été exécutées dans le pays depuis le début de l'année.

Dans un communiqué jeudi, la France a fait part de sa "réprobation" après ces exécutions. Paris et l'Union européenne ont rappelé "leur opposition à l'utilisation de la peine de mort". L'UE qui s'est dite "préoccupée par le grand nombre d'exécutions en Iran a qualifié ce châtiment d'inhumain".

En mars, l'Iran avait dénoncé un rapport du rapporteur spécial de l'ONU, Ahmad Shaheed, "préparé de manière partiale avec des motivations politiques et discriminatoires".

M. Shaheed s'était alarmé devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à Genève de ce que 966 personnes ont été exécutées en Iran en 2015, un record au cours des 20 dernières années selon lui.

"Au moins 73 mineurs délinquants auraient aussi été exécutés" entre 2005 et 2015, dont 16 ces deux dernières années, avait-il ajouté, en précisant qu'au moins 160 autres étaient dans le couloir de la mort.

Amnesty International avait estimé que l'Iran est le pays qui exécute le plus de mineurs au monde.

L'ONG avait affirmé que l'Iran avait exécuté en 2015 quelque 977 personnes, en majorité condamnées pour trafic de drogue. Ce pays figure parmi les Etats qui exécutent le plus grand nombre de personnes avec la Chine, l'Arabie saoudite et les Etats-Unis, selon elle.

Recherche

Iran - Maragheh l'homme infecté par le coronavirus est par terre depuis une heure

Les filles sont omniprésentes dans les manifestations étudiantes contre le régime en Iran

Inondation dans différentes villes d'Iran

Iran - Kish, débranchement électrique dû aux inondations, Aucun signe de la présence des autorités

Iran : agh, ghola inondation

La grève des routiers dans 136 villes d’Iran

 

 

  

DOSSIER 

Le massacre des prisonniers politiques en 1988

Qui sont les Moudjahidine du peuple, ces opposants déterminés au régime en Iran ? (REPERES)

DES MILLIERS D’IRANIENS MANIFESTENT CONTRE ROHANI À PARIS