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L'ONU condamne l’Iran pour violations des droits de l'homme

L'ONU condamne l’Iran pour violations des droits de l'homme

La troisième commission de l'Assemblée générale des Nations unies a condamné, mardi, l’Iran pour ses violations des droits de l'homme, dressant un tableau sombre du comportement du régime en place à Téhéran.

Cette condamnation figure dans une résolution adoptée par une majorité de 83 pays pour, à la commission et sera débattue en décembre en session plénière de l'Assemblée générale. La résolution a été proposé par les pays européens, le Canada, les Etats-Unis.

La Troisième Commission des Nations Unies se déclare "vivement préoccupée par la fréquence alarmante de l’imposition et de l’exécution de la peine de mort (...) notamment des cas dans lesquels la peine de mort est appliquée contre des mineurs ou des personnes qui étaient âgées de moins de 18 ans au moment des faits reprochés et des cas d’exécutions mises en œuvre pour des crimes qui ne peuvent être qualifiés de crimes les plus graves, sur la base d’aveux forcés " et appelle le régime iranien "à abolir, en droit et dans la pratique, les exécutions publiques".

La résolution appelle également le régime iranien "à garantir, en droit et dans la pratique », que « nul ne soit soumis à la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants" et exhorte "à mettre fin au recours généralisé et systématique à la détention arbitraire, notamment de personnes ayant une double nationalité ou de ressortissants étrangers, et à faire respecter, en droit et dans la pratique, les garanties de procédure permettant d’assurer un procès équitable".

La résolution appelle également le régime iranien "de remédier aux mauvaises conditions de détention, de mettre fin à la privation de soins médicaux adéquats et à la situation de danger de mort dans laquelle se trouvent de ce fait les prisonniers"; et "de faire cesser les restrictions graves et généralisées imposées, en droit et dans la pratique, à la liberté d’expression et d’opinion, à la liberté d’association et à la liberté de réunion pacifique, aussi bien en ligne que hors ligne"; à mettre fin "au harcèlement, à l’intimidation et à la persécution des opposants politiques, des défenseurs des droits de l’homme, des militants des droits des femmes et des minorités, des responsables syndicaux, des militants des droits des étudiants, des universitaires, des cinéastes, des journalistes, des blogueurs, des utilisateurs de médias sociaux, des administrateurs de groupes dans les médias sociaux, des travailleurs de l’information, des chefs religieux, des artistes, des avocats, des personnes appartenant à des minorités religieuses reconnues ou non et des membres de leur famille"; et de "remettre en liberté les personnes détenues arbitrairement pour avoir exercé ces droits en toute légitimité".

Mme Maryam Radjavi, la présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, a salué la 64ème résolution de l'ONU condamnant les violations des droits de l'homme en Iran adoptée il y a quelques heures seulement par la Troisième Commission des Nations Unies. Elle a souligné: "Le moment est venu pour la communauté internationale et en particulier le Conseil de sécurité de l'ONU de prendre des mesures efficaces contre le fascisme religieux au pouvoir en Iran pour ses violations flagrantes et systématiques des droits de l'homme en Iran, notamment les exécutions brutales, massives et arbitraires. "

Se référant à l'appel lancé par la résolution au régime iranien pour "prendre des mesures pour déterminer les responsabilités dans toutes les violations graves des droits de l’homme, y compris celles qui mettent en cause les autorités judiciaires et les services de sécurité iraniens, et de mettre fin à l’impunité dont jouissent les auteurs de ces violations", elle a affirmé : "le meilleur exemple de violations graves des droits de l'homme en Iran est le massacre de prisonniers politiques en 1988 dans lequel toutes les organes et dirigeants du régime des mollahs, y compris Ali Khamenei (le Guide suprême), le président, le pouvoir judiciaire, le parlement des mollahs et les plus hautes autorités de l’appareil de sécurité et des renseignements, sont impliquées et l’ont défendus. Ils sont jusqu'ici restés à l'abri de la moindre poursuite. Par conséquent, enquêter sur ce grand crime contre l’humanité et juger les auteurs est un examen important en face duquel se trouve la communauté internationale".

Citant les rapports du Secrétaire général des Nations Unies et de la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en Iran, qui ont appelé à une enquête exhaustive et indépendante sur le massacre de prisonniers politiques en 1988, Mme Radjavi a exhorté l'ONU à lancer un comité d'enquête pour cette affaire et a ajouté: "C'est la première étape pour mettre fin à l'impunité des criminels qui dirigent l'Iran depuis 38 ans."

 

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