Les manifestations qui ont débuté jeudi à Machhad se sont étendues à Téhéran et aux grandes villes telles que Tabriz, Ispahan et Chiraz, ainsi qu'à des douzaines d’autres villes moyennes à travers le pays. Ces manifestations sont différentes de celles qui ont eu lieu en 2009, lorsque la réélection de Mahmoud Ahmadinejad a déclenché des manifestations à l'échelle nationale. Elles sont allés jusqu’à revendiquer le renversement du régime. Les manifestations ont ciblé l'élite au pouvoir et ses politiques tant en Iran qu’à l'étranger.

Les médias sociaux apportent des informations actualisés sur les rassemblements et les slogans montrent le désenchantement de la population et la vulnérabilité du régime. Des slogans tels que « Mort à Rohani », « Les religieux doivent partir » ainsi que des slogans comme « Laissez la Syrie, pensez à nous », ainsi que « Pas Gaza, pas le Liban, ma vie est pour l'Iran » sont entendus partout en Iran.

Téhéran alloue des milliards de dollars de revenus provenant du pétrole et du gaz à son ingérence dans les régions, notamment en aidant le régime d’Assad en Syrie, le Hezbollah libanais, les milices chiites en Irak et les Houtites du Yémen. Les Iraniens ordinaires n’ont aucunement ressenti les avantages qui devraient accompagner la levée des sanctions qui a eu lieu via l'accord nucléaire.

Ce qui diffère en Iran aujourd'hui, par rapport à 2009, c'est que Khamenei s’est servi de son influence pour ordonner une répression massive contre les demandes des manifestants. En 2018, le régime des mollahs comprend très bien que tirer sur les manifestants alimentera les flammes de la révolte. En fait, les publications sur les médias sociaux semblent indiquer un faible moral dans les rangs des forces de sécurité, qui ne sont pas disposées à ouvrir le feu sur les manifestants, même si on leur ordonne de le faire. Sur une vidéo, on aperçoit un membre de la milice du Bassidj, une unité paramilitaire des Gardiens de la révolution (pasdaran), déposer son bâton et enlever sa veste, indiquant qu'il ne veut plus attaquer ses compatriotes.

Parallèlement, dans différentes villes, les manifestants attaquent les postes de police, renversent leurs véhicules et mettent le feu à leurs motos. Les manifestants iraniens menacent de prendre les armes en réponse à toute répression du régime.

Le leader de l’opposition iranienne, Maryam Radjavi, a salué les manifestations, en déclarant : « Les manifestations en cours dans différentes villes contre le régime révèlent l'état explosif de la société iranienne et le désir de la population pour renverser le régime. » L'opposition iranienne espère que la communauté internationale tiendra compte des revendications de la population iranienne pour un changement de régime, et de la légitimité de la résistance organisée qui poursuit cet objectif.

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