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La chute du régime se prépare en Iran

Depuis fin 2017, des manifestations contre la vie chère et la corruption à répétition n’en finissent plus. Les personnes qui manifestent dans de nombreuses villes proviennent de deux groupes. On trouve d'abord les plus pauvres qui pour la plupart d'entre eux ne participent jamais aux élections. Ce groupe proteste à cause d'un quotidien économique difficile marqué par un chômage élevé.

Les protestations portent également sur la corruption, le sentiment étant très fort en Iran que les institutions publiques ne travaillent que pour les initiés proches du pouvoir et pour financer les ambitions expansionnistes du régime dans la région. On constate que la classe moyenne est déçue par les premiers mois du nouveau mandat de Rohani et considèrent qu'il a oublié toutes ses promesses de campagne - où il promettait de lutter pour l'ouverture politique et la défense des droits individuels entre autres.

A la veille du grand rassemblement du 30 juin à Villepinte (Paris-Nord), appelé par la diaspora iranienne contre l'extrémisme islamique et en faveur de l’Alternative démocratique pour un changement de régime, des manifestations massives et inédites ont reprises depuis hier à Téhéran et en province.

Depuis le 25 juin, les commerçants iraniens ont fermé boutique dans un rare mouvement de grève pour protester contre l'effondrement de la valeur du rial (la monnaie nationale), les politiques de pillage du régime iranien et de ses dirigeants corrompus.

“Quittez la Syrie, pensez à nous” ; “Grève ! Grève ! Nous sommes tous ensemble” ; “Nous ne voulons pas que le dollar tombe à 10 000 tomans” ; “ Commerçants, Solidarité”, scandent les manifestants.

Les marchands protestent contre le taux de change élevé, la fluctuation des devises étrangères, le blocage des marchandises à la douane et le manque de critères clairs pour le dédouanement, et le fait que, dans ces conditions, ils ne peuvent pas prendre de décisions, ni vendre leurs biens.

Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, apporte son soutien à ce nouveau soulèvement et a appelée tous les commerçants du pays à se joindre aux manifestants. Pour elle : « La crise monétaire et la cherté de la vie sans précédent qui écrase la majorité du peuple iranien, sont le résultat des politiques néfaste de la dictature religieuse qui a étendu la misère et la détresse du peuple iranien. Il l’a fait soit en gaspillant les richesses du pays dans la machine répressive à l’intérieure, les projets nucléaires et balistiques, dans la guerre en Syrie, dans l'exportation du terrorisme et du fondamentalisme en Irak, au Yémen, au Liban et dans d'autres pays de la région, soit en dilapidant ces richesses aux mains des pasdaran et dirigeants corrompus du régime. Toutes les factions du régime sont impliquées dans cette catastrophe sociale et économique du pays et doivent répondre de leur bilan. »

De nombreux parlementaires européens, homme et femmes, de divers courants et forces politiques, de France, Belgique, Roumanie, Italie, Allemagne ont envoyés des messages de soutien au rassemblement pour un #Iran libre, demandant le changement démocratique en Iran.

En Angleterre, le Parlement s’est prononcé contre le régime des mollahs et apporte son soutien au prochain rassemblement du 30 juin. Plus surprenant encore, il demande que les gardiens de la révolution (pasdaran) soient inscrits sur la liste des organisations terroristes de l'Angleterre.

Enfin, dans une initiative menée par Lord Williams d’Oystermouth, l'ancien archevêque de Canterbury, plus de 50 évêques de l'Église d'Angleterre ont signé un communiqué condamnant les violations des droits de l'homme perpétrées par le régime de Téhéran et le traitement qu’il réserve aux minorités religieuses iraniennes.

Le monde devrait écouter les véritables voix de l'Iran. Soutenir le grand rassemblement annuel à Villepinte, c’est dire NON à la dictature dans son ensemble. Soutenir ce rassemblement, c’est soutenir la liberté pour tous les Iraniens.

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