09252018Mar

Amnesty international dénonce l’arrestation scandaleuse de Nasrin Sotoudeh

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L'arrestation de l'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, à son domicile mercredi, fait bondir Amnesty International qui juge cela comme «une attaque scandaleuse contre une militante courageuse et prolifique ». La défenseure iranienne des droits humains a été transférée devant le bureau du procureur de la prison d'Evin, selon son époux Reza Khandan.

Dans une interview réalisée par Manoto News, chaîne d'information en langue persane qui diffuse depuis l'étranger, Reza Khandan a également révélé que Nasrin Sotoudeh avait été informée qu'elle était arrêtée afin de purger une peine de cinq ans de prison. Cependant, Reza Khandan et Nasrin Sotoudeh ignoraient tout de cette condamnation. « Nous demandons aux autorités iraniennes de libérer Nasrin Sotoudeh immédiatement et sans condition. Toute autre mesure doit être fermement condamnée par la communauté internationale. »

Ces dernières semaines, Nasrin Sotoudeh a dénoncé l'application de la Note à l'Article 48 du Code de Procédure pénale de 2015. Celle-ci empêche les personnes accusées d'infractions relevant de la sécurité nationale, le droit de consulter l'avocat de leur choix durant les investigations.

Ces derniers mois, Nasrin Sotoudeh a défendu Narges Hosseini, poursuivie pour avoir protesté pacifiquement contre le port obligatoire du voile en Iran. Depuis décembre 2017, des dizaines de femmes ont été violemment agressées et arrêtées parce qu'elles ont manifesté pacifiquement contre le port obligatoire du voile.

En septembre 2010, Nasrin Sotoudeh a été condamnée à six ans de prison pour « diffusion de propagande contre le régime » et « rassemblement et collusion dans l'intention de porter atteinte à la sécurité nationale » en raison de son travail en tant qu'avocate ; elle a notamment défendu de très nombreux prisonniers d'opinion et mineurs délinquants condamnés à mort.

En 2012, elle a reçu le prix Sakharov pour son travail en faveur des droits humains. Depuis qu’elle est sortie de prison, elle continue de travailler en tant qu'avocate spécialisée dans la défense des droits humains, malgré les manœuvres des autorités iraniennes visant à limiter ses activités ; ses demandes pour représenter des personnes détenues pour des motifs politiques sont par exemple fréquemment rejetées.

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