AFP: La lauréate iranienne du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi a qualifié mardi de "plaisanterie" l'entrée, probable, de son pays et, certaine, de l'Arabie saoudite au conseil d'administration de la nouvelle agence "ONU Femmes" mercredi.

L'Arabie saoudite est assurée d'obtenir l'un des deux sièges du Conseil d'ONU Femmes réservés aux nouveaux Etats donateurs.

L'Iran, fréquemment condamné sur la scène internationale pour la situation des femmes, est l'un des onze Etats membres de l'ONU qui se disputent dix sièges réservés aux pays asiatiques dans le conseil.

Jusqu'à la semaine dernière, l'Iran était assuré d'avoir un siège puisque dix pays étaient candidats. Mais le Timor-Oriental s'est lancé dans la course.

L'élection des 41 membres du conseil d'administration d'ONU Femmes doit avoir lieu mercredi.

Selon Mme Ebadi, l'Iran a de fortes chances d'obtenir un siège.

Mais, a-t-elle souligné, "l'élection (au conseil, ndlr) de pays comme l'Iran ou l'Arabie saoudite est une plaisanterie".

"Je pense que ce conseil, avec les membres que l'on y voit maintenant, n'ira nulle part", a ajouté Mme Ebadi lors d'une conférence de presse.

"Comment un pays qui n'a pas ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes peut être présent dans ce conseil, peut en être membre et parler des droits des femmes ?", s'est-elle interrogée.

Mme Ebadi, qui vit en exil en Grande-Bretagne a souligné qu'en Iran "la vie d'une femme équivaut à la moitié de celle d'un homme".

"En Arabie saoudite, la situation des droits de la femme est encore pire qu'en Iran", a-t-elle souligné.

En Arabie saoudite, les femmes n'ont pas le droit de conduire un véhicule et ne peuvent pas prendre de décisions significatives sans la permission d'un proche masculin.

L'ex-présidente du Chili Michelle Bachelet a été nommée à la mi-septembre à la tête de cette nouvelle structure de l'ONU.