Iran: "Les femmes contre l'intégrisme"

AFP: L'opposition iranienne a tenu à alerter samedi la communauté internationale du danger de nouvelles attaques contre le Camp Liberty en Irak, qui abrite des opposants iraniens, déjà cible d'une attaque ayant fait 7 morts et des dizaines de blessés le 9 février dernier.

L'appel a été lancé par les centaines de participantes à une conférence sur le thème "Les femmes contre l'intégrisme" organisée par le Conseil national de la Résistance samedi à Paris en présence de responsables politiques, parlementaires et du monde culturel d'Europe, des pays musulmans et des Etats-Unis.

"Selon des renseignements venant de l'intérieur du régime des mollahs, ce dernier se prépare à une nouvelle attaque à la roquette pour massacrer les habitants de Liberty avec le soutien et sous le commandement du Premier ministre irakien Nouri Maliki", indique le communiqué final de la conférence, dont l'AFP a eu une copie.

"Après un déplacement forcé dans la prison de Liberty, plus de 3.000 Moudjahidine du peuple sont en danger d'une nouvelle tragédie" a souligné Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI, coalition qui comporte les Moudjahidine du peuple d'Iran), devant la conférence organisée à l'occasion de la journée internationales de défense des droits des femmes le 8 mars.

Camp Liberty est une ancienne base militaire américaine proche de Bagdad qui abrite depuis le début de l'année 3.000 membres du CNRI. Conformément à un accord de fin 2011 entre l'Irak et l'ONU, Camp Liberty est considéré comme un lieu de transit avant le départ d'Irak des opposants iraniens.

Mme Radjavi a une nouvelle fois réclamé le retour des opposants au Camp Ashraf, où leur sécurité est mieux assurée, et a évoqué la possibilité qu'ils soient tous transférés aux Etats-Unis, jusqu'à ce qu'ils puissent, de là, être envoyés dans des pays tiers.

Par ailleurs, elle a demandé aux défenseurs des droits de l'homme d'exhorter l'ONU et Washington "à mettre rapidement sur pied une commission d'enquête pour dénoncer les mains tachées de sang" avec l'attaque de Camp Liberty.

De même les opposants iraniens ont réclamé la révocation du représentant spécial de l'ONU en Irak, l'Allemand Martin Kobler, dont elle affirme qu'il a une responsabilité dans le massacre du 9 février, et son remplacement par un émissaire impartial.

Ex-otage et ex-candidate à la présidentielle en Colombie, Ingrid Betancourt a dénoncé les oppressions dont sont victimes les femmes sous le régime des mollahs en Iran: "par la ségrégation des femmes, en les humiliant, en leur enlevant tous les droits, en faisant des femmes un objet de transaction, de tractation, ces hommes ont déshumanisé le peuple iranien." Et de rendre hommage aux "résistants à cette dictature misogyne, dont le leader est une femme musulmane qui lutte pour un Iran démocratique sans bombe atomique et sans torture".

L'ex-ministre française de la Défense et de la Justice, notamment, Michèle Alliot-Marie a appelé "l'ONU à agir à Liberty et non se contenter de compter les roquettes et faire un rapport à New York".