10152018Lun

Les parlementaires français demandent à Jean-Yves Le Drian d’appeler l’Iran au respect des droits humains

M. Jean-Yves Le Drian sera en visite lundi à Téhéran pour discuter des questions du programme balistique controversé et des ingérences de ce pays dans la région. Le ministre français va évoquer ces questions lors de ses rencontres notamment avec Hassan Rohani le président du régime et Javad Zarif son ministre des affaires étrangères.

Les parlementaires du CPID, dans un communiqué signé par sa présidente, Michèle de Vaucouleurs (députée des Yvelines), se déclare vivement préoccupé par la détérioration de la situation des Droits de l’Homme dans ce pays, depuis les soulèvements populaires qui ont secoué le pouvoir en place depuis le début de cette année.

Le CPID se félicite de l’inquiétude exprimée par les autorités françaises quant au nombre de morts lors de ces protestations, ainsi qu’au respect du droit à la manifestation et à la liberté d’expression, aujourd’hui bafouée en Iran. Nous partageons les positions exprimées par le Gouvernement sur la nécessité de mise sous contrôle du programme de missiles balistiques du régime iranien afin de limiter son rôle déstabilisateur dans la région du Moyen Orient.

Le CPID souligne à cette occasion les termes du récent rapport du Secrétaire général des Nations Unies M. Antonio Guterres sur l’Iran, présenté le 26 février dernier au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU à Genève (A/HRC/37/24) : « Le Secrétaire général reste profondément préoccupé par, le nombre toujours élevé d'exécutions, y compris de mineurs délinquants ; (…) par la persistance de rapports indiquant que la pratique de la torture et des mauvais traitements persiste en République islamique d'Iran. De tels rapports indiquent une tendance à la pression physique ou mentale exercée sur les détenus pour contraindre des aveux, dont certains sont télévisés puis rendus publics. En outre, le pouvoir judiciaire continue de condamner des personnes à des traitements cruels, inhumains et dégradants, tels que l'amputation de membres, l'aveuglement et la flagellation, conformément aux dispositions du Code pénal.(…) Il exhorte le Gouvernement à veiller à ce que les personnes arrêtées [à la suite des manifestations commencées à la fin de 2017], jouissent de leurs droits et à ce que des informations sur leur lieu de détention soient mises à leur disposition des familles. »

En effet, plusieurs ONG de défense des Droits Humains ont relevé les cas d’au moins une douzaine de personnes arbitrairement arrêtées lors des manifestations et mortes de façon suspecte en détention, avec pour certaines d’entre elles des marques de torture sur le corps. Les auteurs de ces crimes et violations graves devront être tenus responsables de leurs actes.

Rappelant les propos du Président de la République qui a affirmé en janvier dernier devant le corps diplomatique le « souci constant que la France a à l’égard du respect des Droits de l’homme et des libertés fondamentales en Iran » et souligné que « nous continuerons à veiller à ce que ces droits soient pleinement respectés » ; le CPID considère dans son communiqué qu’un « dialogue exigeant » avec les autorités iraniennes devrait inclure la demande de libération des prisonniers politiques, l'arrêt de la torture et des exécutions de mineurs, et le respect de la liberté des femmes sur le port du voile.

Comité Parlementaire pour un Iran Démocratique

Le 4 mars 2018

 

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