08162018Jeu

L’OMPI mobilise ses réseaux pour la fête du feu en Iran

Iran_charshanbe_suri

Au cours de cette soirée, les gens sortent nombreux dans les rues et les places publiques. Ils allument des petits feux et sautent par-dessus en formulant le vœu que la nouvelle année se déroule sous de bons auspices. Les origines de cette fête, appelée "Chaharshanbe Souri" en persan, remontent à la période préislamique et perdure encore aujourd'hui en dépit des réticences des autorités qui le dénoncent comme une païenne. En sautant par-dessus les flammes, on doit prononcer une phrase rituelle : "Zardi-ye man az to, Sorkhi-ye to az man" qui signifie: "Je te donne ma maladie et je prends ta santé".

Les forces de sécurité de l’Etat sont en Etat d’alerte en Iran pour empêcher que les célébrations ne se transforment en des manifestations pour le renversement de la dictature religieuse en place.

Le département social de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’ Iran à l'intérieur du pays a appelé à la mobilisation à l’occasion de Chaharshanbeh Souri. « La Célébration de la Fête du Feu : Un autre soulèvement contre la dictature des mollahs », est le thème de cette campagne d’opposition festive. Les réseaux du mouvement de résistance de l’intérieur ont lancé des appels à des préparatifs pour célébrer la fête du feu dans un esprit de résistance et avec des slogans contre le Guide suprême iranien, Ali Khamenei.

En janvier l’Iran a été en proie à des révoltes populaires de grandes ampleurs qui ont ébranlé les fondements du régime islamiste. Les autorités ont pointé du doigt les activités de l’OMPI comme force motrice du mouvement qui s’est vite rependu à 144 ville avec des slogans radicales appelant à la chute de la dictature.

Le ministre iranien de l'Intérieur, Rahman Fazli a déclaré le 11 mars aux média iraniens : « La caractéristique principale de ces protestations était leur dimension étendue. Ils se sont propagés en une nuit ou deux à cent villes, avec des affrontements dans 42 villes (...) Les protestations ont même touché des villes et villages que peut-être beaucoup n’avait même pas entendus leur nom. Car l’accumulation du mécontentement s'était accrue et avait pris une dimension généralisée ; il éclatait partout où il pouvait (…) Environ 900 membres des forces de l’ordre ont été tabassés et blessés. »

Pour sa part, Hossein Zolfaghari, vice-ministre de l'Intérieur et secrétaire du Conseil suprême de sécurité de l’Etat, a déclaré à l’agence de presse officielle ILNA au sujet du soulèvement de janvier: « Nous n'avions pas connu un tel phénomène dans le passé. Les manifestations se sont propagées très rapidement, même aux petites villes, et la violence dans ces manifestations était plus virulente que d'habitude. Ces protestations ont transcendé tous les courants politiques du pays [ndlr : conservateurs et soi-disant modérés ont été rejetés ensemble] La plupart des personnes arrêtées n'avaient pas de casier judiciaire et 85 % d'entre elles avaient moins de 35 ans. A cet égard, il faut noter que 70% du pays a moins de 40 ans. »

Avec le ras-le-bol général qui caractérise la société iranienne, la population attend la première occasion pour en découdre avec le régime. Cette année, la fête du feu risque d’être brûlante pour les mollahs.

 

Recherche

Iran, Les ouvriers du terminal de fret routier de Ispahan, rejoignent la grève nationale. le 31 mai

 

 

  

DOSSIER 

Le massacre des prisonniers politiques en 1988

Qui sont les Moudjahidine du peuple, ces opposants déterminés au régime en Iran ? (REPERES)

DES MILLIERS D’IRANIENS MANIFESTENT CONTRE ROHANI À PARIS