Les pays de l'UE demandent à l'ONU de mener une enquête sur le programme de missiles de Téhéran

Les pays de l'UE demandent à l'ONU de mener une enquête sur le programme de missiles de Téhéran

Par Pooya Stone

La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont accusé Téhéran de développer une technologie de missile en violation de la résolution de l'ONU, suite à des activités récentes, et ont appelé à l’établissement d’un rapport complet de l'ONU dans une lettre envoyée mardi au Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

Les trois pays ont déclaré que le lancement par Téhéran d'un engin spatial et le dévoilement de deux nouveaux missiles balistiques en février s'inscrivaient dans une « tendance à la recrudescence d’activités contraires » à la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée juste après la signature de l'accord nucléaire de 2015, plus officiellement connu sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA).

La résolution exhorte Téhéran à « ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour être en mesure de transporter des armes nucléaires ».

La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, qui restent partie à l'accord nucléaire, ont demandé à Guterres de « faire un rapport complet et approfondi sur l'activité des missiles balistiques de Téhéran » dans son rapport de juin.

Les pays européens ont déclaré que le lanceur spatial Safir, utilisé pour le décollage d'un satellite le 6 février, est basé sur deux autres missiles et utilise une technologie liée aux missiles balistiques à longue portée et intercontinentaux. Ils se sont également déclarés préoccupés par la présentation officielle par les Gardiens de la révolution (pasdaran) le 7 février du missile sol-sol Dezful, qui aurait une portée de 1 000 kilomètres, et du missile balistique Khorramshahr le 4 février.

Les pays ont déclaré qu'il s'agissait « de missiles balistiques à portée moyenne potentiellement ».

Cela intervient juste un mois après que les États-Unis, qui ont quitté l'accord nucléaire en mai 2018 et réimposé les sanctions contre le régime en Iran, aient lancé un appel similaire au Conseil, plaidant en faveur de restrictions plus sévères contre Téhéran. Donald Trump a retiré les États-Unis de l’accord nucléaire parce qu’il était entre autres préoccupé par le développement de missiles par Téhéran.

Les mollahs insistent sur le fait que leur programme de missiles est défensif, que leur programme nucléaire est civil, mais ils ont récemment admis avoir trompé l’Occident en faisant semblant de fermer des réacteurs et de détruire des pièces. Téhéran n’a également jamais ralenti ni arrêté ses projets de missiles balistiques, même pas ceux capables de contenir une charge nucléaire.

Le Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a appelé à des restrictions plus strictes contre Téhéran lors d'une réunion du Conseil en décembre, afin de freiner son programme de missiles, mais un autre membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie, un allié clé de Téhéran, a nié que les missiles des mollahs puissent porter une charge nucléaire, et a rejeté la demande. Les autres signataires de l'accord nucléaire sont la Russie et la Chine.