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L'Europe devrait se méfier de l'aide apportée à la machine terroriste iranienne

L'Europe devrait se méfier de l'aide apportée à la machine terroriste iranienne

Par Jubin Katiraie

Lorsqu'il s'agit de faire affaires avec le régime iranien, l'Occident devrait toujours s’interroger sur la destination finale de l'argent. L'une des expressions importantes entendues cette semaine dans les médias était « pétrole pour la terreur », faisant mention au réseau de navires qui soutient financièrement les Gardiens de la révolution (pasdaran), à l’instar du pétrolier « Adrian Darya 1 ».

L'ancien porte-parole adjoint du Département d'État américain, l'ambassadeur Adam Ereli, a écrit dans un éditorial sur la séance du 6 septembre 2019 :

« Le régime des mollahs a été un sujet de discussion majeur lors du sommet du G-7 à Biarritz le mois dernier. Mais ni la France ni aucun autre pays européen ne devrait aider le régime meurtrier à acquérir une plus grande présence sur la scène internationale. Le soutien de Téhéran au terrorisme va au-delà du Moyen-Orient et menace à la fois l'Europe et les États-Unis.

Les citoyens français et américains ont été parmi les centaines de victimes des attaques du Hezbollah dans les années 1980 et 1990. Mais la France a également été le théâtre de l'un des complots terroristes les plus ambitieux de Téhéran à avoir été déjoués ces dernières années.

Au cours de l'été 2018, deux agents inféodés de Téhéran ont été arrêtés en Belgique, alors qu'ils tentaient de transporter des explosifs très puissance à un rassemblement organisé en dehors de Paris. Des dizaines de milliers d'expatriés iraniens du monde entier s'y étaient rassemblés pour une conférence. Parmi les centaines de dignitaires internationaux, beaucoup étaient des personnalités éminentes de la politique, de la sécurité et du monde universitaire de France, des États-Unis et de dizaines d'autres pays...»

De son côté, Claude Moniquet, présidente du Centre européen de recherche, d'analyse et de conseil en matière stratégique (ESISC) à Bruxelles, a écrit dans un billet publié dans Issues & Insight le 5 septembre 2019 :

« Ceux qui ont l'habitude de s'occuper des affaires iraniennes, en particulier en matière de renseignement et de sécurité, savent que la vérité du régime des mollahs est souvent enveloppée dans les voiles du mystère. Comme Winston Churchill l'a dit un jour (évoquant la Russie) : « un mystère enveloppé dans une énigme... »

Je le sais de première main puisque je m'occupe de drames iraniens depuis plus de trois décennies, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du régime, d'abord en tant qu'agent de Renseignement français et ensuite en tant qu'expert du terrorisme.
Mais ce qui est plus confondant, c'est l'attitude des puissances occidentales face au terrorisme d'État de Téhéran et le fait qu'elles ne cessent de répéter, encore et encore, les mêmes erreurs fondées sur des illusions.

Je fais spécifiquement allusion à la gestion du terrorisme d'État de Téhéran qui a atteint directement le sol européen. Selon des amis bien placés en France et en Belgique, certaines réalités sinistres pourraient se tramer dans les coulisses lorsqu'il s'agit de faire face au terrorisme orchestré par les mollahs.

Un recul est nécessaire pour bien comprendre les enjeux. En mars 2018, des agents inféodés de Téhéran avaient déjà été arrêtés en Albanie pour avoir comploté une attaque contre un complexe appartenant au principal groupe d'opposition démocratique iranien, l'Organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran (OMPI). Si le complot n'avait pas été découvert, on ne sait pas combien des 3 000 résidents auraient pu être tués. D'autres complots terroristes menés par Téhéran ont été découverts en 2018, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Danemark, etc. ».

L'Europe devrait mettre un terme à l’illusion de trouver des modérés en Iran :

Alors que l'ambassadeur Ereli a ajouté :

« Le ministre des Affaires étrangères, Zarif, et le président Hassan Rohani, ont longtemps été qualifiés de « modérés » par les apologistes de Téhéran. Mais en réalité, il n'y a pas de mollahs modérés à Téhéran, et la réforme de ce régime est fondamentalement impossible.


Telle a toujours été la position du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) et de son principal groupe constitutif, l'Organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran (OMPI), ce qui explique pourquoi le régime des mollahs est déterminé à éliminer ce groupe et ses membres. Outre la tentative d’attentat à la bombe contre le rassemblement du CNRI en dehors de Paris et les attaques contre le siège de l’OMPI en Albanie l'année dernière, Téhéran a exécuté environ 30 000 prisonniers politiques, pour la plupart des membres de l’OMPI, pendant l'été 1988.

Le fait que le Guide Suprême des mollahs, Ali Khamenei, ait publiquement reconnu le rôle de l’OMPI dans l'organisation des manifestations anti-régime qui ont secoué toutes les contrées de l'Iran en 2018 est un aveu révélateur de la capacité du groupe à ébranler le régime... »

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