Le ministre iranien des Finances reçu par son homologue français à Paris

AFP : 14 octobre - Le ministre iranien de l'Economie et des Finances Sadfar Hosseini a été reçu jeudi par son homologue français Nicolas Sarkozy pour évoquer les investissements français en Iran, mais aussi le programme nucléaire iranien.
MM. Hosseini et Sarkozy ont évoqué la coopération "croissante" entre les deux pays, les privatisations et les projets de développement en Iran, a-t-on appris de source diplomatique.

Au cours de l'entretien, "M. Sarkozy a exposé la position française envers l'Iran, expliquant qu'on ne pourra aller plus loin dans les échanges entre les deux pays que si le gouvernement iranien fait des signes en matière de transparence nucléaire", a-t-on expliqué au ministère français.
Cette transparence passe notamment par "l'application de toutes les résolutions du conseil des gouverneurs de l'AIEA", a-t-on ajouté.
Cet entretien "apaisé et amical s'est focalisé sur la question du nucléaire", a-t-on précisé au ministère.
"Les chefs d'entreprises et le gouvernement français ont besoin d'un climat de confiance et, dans cette optique, il est dans l'intérêt du gouvernement iranien de donner des signes montrant sa volonté de cesser les échanges clandestins en matière nucléaire", a-t-on ajouté.
"L'Iran a tout à fait le droit de développer un programme nucléaire civil et la France peut l'y aider, mais il faut pour cela éviter toute dissimulation", a-t-on souligné, en précisant que les deux ministres "n'ont pas évoqué de contrats en particulier" lors de leur rencontre.
"Les réformes économiques en Iran se poursuivent, tout comme les privatisations et l'Iran bénéficie d'une position privilégiée pour le commerce et les investissements. Notre pays occupe une position centrale dans le grand marché du Moyen-Orient qui compte 350 millions de personnes. Il dispose d'énormes ressources naturelles, en pétrole et en gaz, et de toutes les infrastructures", avait déclaré auparavant à la presse M. Hosseini.
A l'issue d'un entretien mercredi entre la délégation iranienne forte d'une trentaine de responsables économiques et le ministre français délégué au Commerce extérieur François Loos, l'ambassadeur d'Iran Sadegh Kharazi avait souligné "le droit de l'Iran de maîtriser la technologie nucléaire à des fins civiles et pacifiques, en totale coopération avec l'Agence internationale pour l'énérgie atomique" (AIEA).
"Je suis optimiste sur ce dossier, car d'ici deux ou trois semaines, Téhéran rendra public sa décision", a ajouté M. Kharazi.
L'AIEA a donné à l'Iran jusqu'au 25 novembre pour dissiper le soupçon qu'il ne fabrique pas secrètement la bombe atomique. L'agence a aussi réclamé la suspension de toutes les activités iraniennes d'enrichissement d'uranium.
Un séminaire sur les "investissements étrangers" en Iran, facilités par une récente loi, s'est ouvert mercredi à Paris.
Outre M. Hosseini, de hauts responsables de plusieurs ministères, dont celui des Transports participent à ce séminaire, mais la délégation est moins importante que prévu.
Côté français, des dirigeants de Renault, Peugeot, Total et de la banque BNP-Paribas participent à ce colloque, le premier du genre.
Cette délégation est la deuxième délégation économique iranienne venue en France depuis la révolution islamique de 1979, la première ayant été dirigée par le ministre de l'Industrie Gholamreza Chafeï, en juillet 1998.