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L'Iran refuse catégoriquement de suspendre totalement l'enrichissement

AFP : 6 octobre - L'Iran a catégoriquement refusé mercredi de suspendre toutes ses activités d'enrichissement d'uranium malgré la menace d'être traîné devant le Conseil de sécurité des Nations unies par les pays craignant qu'il ne fabrique secrètement la bombe atomique.

"Nous avons dit clairement que nous n'appliquerons pas (...) la seconde partie de la résolution" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) car "elle utilise le langage de la contrainte", a déclaré le responsable iranien chargé du dossier nucléaire, Hassan Rohani, cité par la télévision d'Etat.


Agence spécialisée de l'Onu chargée de veiller à la non-prolifération, l'AIEA s'inquiète que la technologie de l'enrichissement, qui produirait le combustible pour les futures centrales iraniennes, ne soit détournée à des fins militaires. Elle vient d'exhorter l'Iran à suspendre "immédiatement" toutes les activités liées à l'enrichissement. Elle lui a aussi donné jusqu'à la prochaine réunion de l'AIEA le 25 novembre pour dissiper tous les soupçons sur la nature de son programme nucléaire.


Elle pourrait alors saisir le Conseil de sécurité si elle estime que l'Iran n'a pas satisfait à ses exigences.


Or la République islamique, qui proclame que ses activités sont purement civiles, n'a jusqu'alors donné aucun signe de vouloir céder.


L'Iran continue ainsi à convertir du minerai d'uranium en hexafluorure d'uranium (UF6), préalable à l'enrichissement, a ainsi indiqué à l'AFP un proche de Hassan Rohani, Hossein Moussavian, en soulignant que c'était à titre "expérimental".


"Quelques tonnes de yellow cake (état primitif de l'uranium, NDLR), sur les 37 prévues, ont été converties, c'est un processus expérimental, et chaque milligramme est soumis au contrôle de l'AIEA", a déclaré M. Moussavian. "La phase des tests se poursuit. Nous n'avons pas encore commencé la production industrielle", a-t-il ajouté.


La conversion comme la construction des centrifugeuses sont explicitement citées par l'AIEA comme des activités que l'Iran doit stopper.


L'Iran, qui avait accepté de suspendre l'enrichissement en 2003, avait aussi consenti ensuite à surseoir à la conversion et à l'assemblage de centrifugeuses. Il a depuis recommencé à assembler les centrifugeuses et à convertir, sans entamer l'enrichissement à proprement parler.


Mais un porte-parole du Parlement a dit que l'Iran reprendrait de toute façon l'enrichissement d'uranium dans les prochains mois.


"Pourquoi ne pourrions-nous pas recommencer à enrichir, où est-il dit dans le Traité de non-prolifération (TNP) que c'est interdit", a demandé à l'AFP Kazem Jalali, porte-parole de la Commission parlementaire de la sécurité nationale et des affaires étrangères.


Cette dernière a engagé la République islamique un peu plus avant sur la voie de l'enrichissement en adoptant mardi une proposition de loi imposant au gouvernement de recommencer à enrichir.


Si un tel texte était appliqué, il entraînerait presque immanquablement l'envoi du dossier iranien devant le Conseil de sécurité.


Bien que la proposition soit soutenue par 238 des quelque 290 députés, une adoption définitive ne semble pas imminente dans les circonstances actuelles.


"La voie de la négociation n'est pas fermée", a dit M. Rohani, "des négociations avec la communauté internationale sont possibles".


"Pour régler l'affaire, il y a deux possibilités: ou bien nous trouvons une solution politique pour fermer le dossier ou bien nous allons à l'affrontement. Nous sommes prêts dans les deux cas de figure", a-t-il ajouté.


A Khartoum, le président Mohammad Khatami a réaffirmé mercredi le droit de l'Iran à développer un programme nucléaire à des fins pacifiques. Il a assuré que le contentieux avec l'AIEA était "près d'être résolu". Mais il n'a pas précisé comment.

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