Le G8 se réunit pour tenter de faire avancer le dossier du nucléaire iranien

AFP : 15 octobre - Des diplomates de haut rang du G8, le groupe des pays les plus industrialisés, se sont retrouvés vendredi à Washington pour discuter de mesures visant à inciter l'Iran à renoncer à toute perspective de nucléaire militaire.
Ces discussions entamées à huis-clos en milieu de matinée au siège du département d'Etat (ministère des Affaires étrangères) devaient se poursuivre jusqu'en début d'après-midi, selon des sources diplomatiques.
Le G8 regroupe les Etats-Unis, la Russie, le Japon, le Canada, l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et l'Italie. La plupart de ces pays sont représentés au niveau des directeurs politiques de leurs ministères des Affaires étrangères, la délégation américaine étant pour sa part conduite par le sous-secrétaire d'Etat chargé du contrôle des armements, John Bolton.
Le "numéro deux" du département d'Etat, le secrétaire d'Etat adjoint Richard Armitage, de retour d'un voyage au Japon, a également prévu de participer à une partie au moins des entretiens.
Aucune conférence de presse n'était prévue à l'issue de cette rencontre du G8 présentée par Washington comme étant avant tout destinée à échanger des idées pour sortir ce dossier de l'ornière.
Selon des sources diplomatiques il s'agit également d'envoyer un nouveau signal à Téhéran du sérieux avec lequel la communauté internationale prend le risque de voir la république islamique se doter d'arme atomique.
Cette rencontre, selon ces sources, doit se concentrer sur des mesures envisagées par Berlin, Paris et Londres, les trois capitales européennes les plus engagées jusqu'à présent dans des discussions avec Téhéran sur ce dossier.
Aucune indication n'a été donnée sur ces mesures visant notamment à amener la république islamique à renoncer à l'enrichissement d'uranium, un processus à finalité civile mais aussi potentiellement militaire.
Les Etats-Unis, qui accusent l'Iran d'avoir un programme nucléaire militaire déjà très avancé pour parvenir à la bombe atomique, ont fait savoir ces derniers jours qu'ils comptaient également aborder la question d'une saisine du Conseil de sécurité de l'Onu sur ce dossier.
M. Armitage a récemment déclaré depuis Tokyo que les Etats-Unis étaient "ouverts à toutes les idées" pour faire évoluer Téhéran, mais a ajouté que les Etats-Unis "veulent aller devant le Conseil de sécurité de l'Onu" si Téhéran ne donne pas rapidement des gages suffisants.
Washington a aussi fait savoir que la questions d'un éventuel assouplissement de ses sanctions contre Téhéran n'était pas à l'ordre du jour, malgré de nombreuses spéculations sur d'éventuelles "incitations" américaines pour amener l'Iran à faire preuve de bonne volonté.
Selon des sources diplomatiques, il faudra attendre après l'élection présidentielle américaine du 2 novembre prochain pour voir Washington s'engager plus ouvertement sur un possible compromis avec les Iraniens, ce sujet étant trop sensible pour faire l'objet d'annonces dans le climat politique actuel.
La question du nucléaire iranien doit être à nouveau examinée le 25 novembre à Vienne par le conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'agence spécialisée dans la sûreté nucléaire de l'Onu.
L'AIEA a donné à l'Iran jusqu'à cette date pour dissiper les soupçons sur la finalité militaire de ses activités nucléaires. L'agence a aussi réclamé la suspension de toutes les activités iraniennes d'enrichissement d'uranium.
Un haut responsable parlementaire iranien a déclaré vendredi que son pays n'autoriserait plus les inspecteurs de l'AIEA à travailler sur son territoire si la question du programme nucléaire iranien est portée devant le Conseil de sécurité de l'ONU comme le réclament les Etats-Unis.