09202019Ven

Nucléaire : Iraniens et Européens à la recherche d'un accord mercredi

Courrier international (AFP) : 26 octobre - Des diplomates allemands, britanniques et français retrouvent les Iraniens ce mercredi à Vienne, pour entendre la réponse de Téhéran à une proposition européenne qui éviterait de possibles sanctions de l'Onu si l'Iran renonce à enrichir de l'uranium.

Les dirigeants iraniens, après avoir qualifié de "déséquilibrée" l'offre des trois grands de l'Union européenne, viennent d'annoncer un changement majeur dans leur position, en se disant prêts à envisager une suspension illimitée des activités d'enrichissement.

"Le plan des Européens pour la suspension illimitée de l'enrichissement de l'uranium, s'il n'est pas en contradiction avec les critères de la République islamique, peut être appliqué", a déclaré le responsable du dossier nucléaire, Hassan Rohani.

Suivant son interprétation, le terme "illimité ne signifie pas permanent", mais s'inscrit dans le cadre de négociations à long terme avec les Européens.

Paris, Berlin et Londres ont proposé à l'Iran, lors d'une première rencontre jeudi dernier à Vienne, de lui fournir de la technologie nucléaire civile, y compris éventuellement un réacteur de recherche à eau légère. Au préalable, Téhéran devra prouver qu'il ne cherche pas à se doter de l'arme atomique, en commençant par suspendre sine die les activités liées à l'enrichissement.

L'uranium hautement enrichi peut servir à la production d'électricité, mais aussi à la bombe nucléaire.

Des analystes et diplomates ont cependant émis ces derniers jours des doutes sur les positions fluctuantes de la République islamique dans ce domaine. Ils notent aussi que les chances de succès d'un tel marché dépendent d'un soutien des Etats-Unis, qui semblent aujourd'hui réticents.

Les Iraniens pensent être en position de force pour temporiser quelques mois après le résultat des élections présidentielles américaines, d'autant que les Etats-Unis sont englués en Irak, a estimé Gary Samore, de l'Institut international d'études stratégiques (IISS) à Londres.

Convaincu que l'Iran recherche l'arme atomique, malgré ses dénégations, Washington veut une saisie du Conseil de sécurité de l'ONU pour d'éventuelles sanctions internationales, alors que France, Allemagne et Grande-Bretagne préfèrent un dialogue avec Téhéran.

"Comme le prix du baril de pétrole dépasse les 50 dollars", les Iraniens pensent que les Américains auront besoin de leur pétrole et n'imposeront donc pas de sanctions, a encore estimé M. Samore.

Les Européens présentent les négociations comme celles de "la dernière chance" avant la prochaine session de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le 25 novembre à Vienne.

L'agence de sûreté nucléaire des Nations unies devra alors déterminer si elle envoie le dossier iranien au Conseil de sécurité.

Un autre expert, l'Américain David Albright, estime que l'Iran "ne va pas rejeter" l'offre des trois grands de l'UE.

D'après cet ancien inspecteur en désarmement de l'ONU, le problème, plus large, c'est que "l'Iran veut des assurances selon lesquelles les Etats-Unis ne chercheront pas à renverser le régime de Téhéran".

L'AIEA, basée à Vienne, n'est pas formellement impliquée dans ces négociations, mais elle les approuve. Le directeur-général Mohamed ElBaradei estime que le dialogue "va dans la bonne direction", a déclaré lundi sa porte-parole Melissa Fleming.

Le Premier ministre britannique Tony Blair maintient pour sa part la pression, tout en excluant une action militaire en Iran ou en Syrie. Le dialogue avec l'Iran sur son programme nucléaire n'est "pas du tout épuisé", mais la communauté internationale "n'acceptera pas" que Téhéran développe des armes atomiques, a-t-il estimé lundi.

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