Iran/ Nucléaire : Possibles concessions de l'UE avant rencontre 5 novembre

AFP : 29 octobre - Les pays de l'Union européenne envisagent quelques concessions supplémentaires aux Iraniens, lors d'une nouvelle réunion à Paris vendredi prochain, pour les convaincre d'abandonner l'enrichissement d'uranium en échange d'une coopération nucléaire civile, a-t-on appris vendredi de source diplomatique.

Lors de cette réunion, qui fait suite à deux autres rencontres n'ayant pas abouti les 21 et 27 octobre à Vienne, les Allemands, Britanniques et Français veulent tenter d'empêcher d'éventuelles sanctions des Nations Unies au cas où l'Iran maintiendrait son refus d'arrêter l'enrichissement.


Selon un diplomate occidental, des responsables des trois pays européens devaient se concerter ce vendredi à Paris pour mettre au point la rencontre du 5 novembre avec l'Iran.


Paris, Berlin et Londres proposent de fournir à Téhéran de la technologie nucléaire civile si l'Iran prouve qu'il ne cherche pas à se doter de l'arme atomique, comme le pense Washington. L'Iran doit commencer, selon l'UE, par accepter de prolonger sine die la suspension de ses activités liées à l'enrichissement.


L'uranium hautement enrichi peut servir aussi bien à l'énergie civile qu'à la bombe nucléaire.


Pour empêcher "la mort du processus de dialogue", les Européens pensent à "enrober leur offre en concédant des points secondaires" aux Iraniens, a déclaré un diplomate.


D'après lui, cela impliquerait la reconnaissance du droit de l'Iran à l'énergie nucléaire pacifique, un appui à l'obtention de combustible à cet effet, et des assurances immédiates que l'UE aidera ce pays à acquérir un réacteur de recherche à eau légère: mais Téhéran doit d'abord renoncer à construire un réacteur à eau lourde pouvant produire du plutonium éventuellement militaire.


De plus, selon ces sources, les Européens seraient prêts à laisser le directeur-général de l'Agence internationale de l'énergie atomiqueMohamed ElBaradei publier ses rapports sur l'Iran "quand c'est nécessaire" et non avant chaque réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA.


Ce conseil, organe exécutif de l'agence onusienne, se réunit le 25 novembre à Vienne pour une réunion cruciale.


L'agence de sûreté nucléaire des Nations unies pourrait alors décider, comme le demandent les Etats-Unis, d'envoyer le dossier nucléaire au Conseil de sécurité pour d'éventuelles sanctions internationales.


L'Iran se refuse jusqu'ici à renoncer à son droit à l'enrichissement.


L'ex-président iranien Akbar Hachémi Rafsandjani a ainsi déclaré vendredi que l'Iran était prêt à poursuivre les négociations avec les Européens, mais n'accepterait aucune menace visant à le priver de la technologie de l'enrichissement d'uranium.


"Nous sommes d'accord pour continuer les négociations dans le cadre des règles internationales, mais si les Européens veulent utiliser la menace, il n'y a plus de place pour la négociation", a déclaré M. Rafsandjani dans un prêche en se référant au guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.


"Nous avons le sentiment que les Européens sont désormais plus sérieux, et l'espoir d'arriver à un point acceptable existe", a-t-il ajouté en déclarant espèrer "que les Européens agiront avec raison et ne deviendront pas un instrument des Américains".


En fait, selon des diplomates à Vienne, il est urgent de parvenir à une entente d'ici le 15 novembre, si on veut éviter le risque des sanctions de l'ONU. L'AIEA aura en effet besoin de dix jours pour vérifier, le cas échéant, que l'Iran a bien suspendu ses activités pour l'enrichissement.


Mohamed ElBaradei - qui doit aussi soumettre un rapport sur l'Iran courant novembre aux Etats membres - veut être prêt avant la réunion cruciale du 25 novembre, selon ces sources.