L'Iran n'a pas peur du Conseil de sécurité ni d'un embargo pétrolier

AFP : 1 novembre - Un proche conseiller du Guide suprême a dit lundi ne craindre ni le Conseil de sécurité de l'Onu ni un embargo pétrolier qui sanctionnerait les activités nucléaires iraniennes mais porterait le prix du baril à plus de 100 dollars selon lui.

L'Iran a cependant continué lundi à souffler le chaud et le froid: le porte-parole du gouvernement Abdollah Ramezanzadeh s'est dit "optimiste" sur le fait que les négociations en cours avec les trois grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne) aboutiront à un accord et que la République islamique échappe au Conseil de sécurité.

A contrario, l'hodjatoleslam Ali Akbar Nateq-Nouri, un des trois plus proches conseillers de l'omnipotent ayatollah Ali Khamenei, a jugé "ridicules" certaines des récentes propositions des Européens pour convaincre l'Iran de renoncer à enrichir l'uranium.

L'envoi du dossier devant "le Conseil de sécurité ne nous fait pas peur, puisque nos positions sont raisonnables, justes et conformes au Traité de non prolifération et à la loi internationale", a dit le religieux au quotidien anglophone Iran News.

Interrogé sur l'éventualité d'un embargo qu'imposerait le Conseil de sécurité sur les exportations de pétrole iraniennes, l'ancien président du parlement et candidat malheureux des conservateurs à la présidentielle de 1997 a répondu: "Les grands perdants, ce ne seraient pas nous, mais eux. Qu'un embargo pétrolier soit imposé à l'Iran et le prix du baril dépassera les 100 dollars, avec le danger d'une paralysie de l'économie occidentale".

"Empêcher le deuxième producteur de l'Opep de vendre son pétrole sur le marché international serait un désastre pour tous les pays consommateurs", a-t-il mis en garde, en pleine flambée des prix du pétrole.

"Je ne crois pas qu'on prononcerait d'un seul coup un embargo pétrolier contre nous, même si on en référait au Conseil de sécurité", en déduit-il.

Bien qu'il n'ait jamais été véritablement question d'un tel embargo et que maints diplomates trouvent même prématuré d'envisager des sanctions économiques, M. Ramezanzadeh a lui aussi d'ores et déjà mis en garde contre les répercussions sur le marché pétrolier: "Nous ne devons pas craindre qu'une telle décision (saisir le Conseil de sécurité) n'affecte que l'une des parties", l'Iran, a-t-il dit.

La République islamique est menacée de voir l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) décider, fin novembre, de déférer son dossier nucléaire devant le Conseil de sécurité. Pour éviter cela, l'Iran doit lever le soupçon sur la nature de ses activités nucléaires et renoncer à enrichir l'uranium.

La communauté internationale s'inquiète de ce que la technologie produisant le combustible pour les futures centrales iraniennes ne soit détournée pour fabriquer l'arme atomique.

Les Européens doivent tenir vendredi à Paris une troisième séance de négociations avec les Iraniens pour les convaincre d'un arrêt illimité de l'enrichissement avant l'échéance cruciale du 25 novembre.

Les Européens seraient prêts à donner des assurances quant à l'approvisionnement de la République islamique en combustible nucléaire, entre autres propositions européennes touchant au nucléaire, mais aussi au terrorisme ou encore au commerce.

Ali Akbar Nateq-Nouri a accusé les Européens de "jouer avec nous" et les Britanniques de vouloir "humilier" les Iraniens.
AFP : 1 novembre - 03 Un proche conseiller du Guide suprême a dit lundi ne craindre ni le Conseil de sécurité de l'Onu ni un embargo pétrolier qui sanctionnerait les activités nucléaires iraniennes mais porterait le prix du baril à plus de 100 dollars selon lui.

"Nous allons poursuivre les discussions", dit-il. Mais "certaines de leurs dernières propositions sont ridicules et il n'existe aucune garantie qu'ils tiendront leurs promesses", dit-il.

"Nous sommes optimistes", a dit au contraire M. Ramezanzadeh devant la presse. "Il y a peu de chances que les négociations ne débouchent sur rien", a-t-il insisté.

"Si nous n'avions pas reçu de signaux positifs, nous n'aurions pas poursuivi la négociation", a-t-il dit.

Il a cependant répété que l'Iran s'était "préparé" pour toutes les éventualités et "fera face aux menaces".