10212019Lun

L'Iran produit de l'uranium pouvant servir à des fins

AFP : 19 novembre - L'Iran produit un dérivé d'uranium pouvant être utilisé à des fins militaires nucléaires, alors que Téhéran s'est engagé à cesser toute activité d'enrichissement à partir de lundi, ont affirmé vendredi des diplomates à l'AFP.
Les Etats-Unis ont appelé la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, qui ont négocié le gel de l'enrichissement de l'uranium avec l'Iran, à envoyer "un message sévère" à l'Iran afin qu'il stoppe sa production de gaz UF6, utilisé pour fabriquer de l'uranium enrichi.
"Nous avons dit aux Européens que nous considérons ceci comme un acte d'une réelle mauvaise foi et qu'ils devaient adresser un message sévère à l'Iran pour qu'ils arrêtent de le faire", a déclaré à l'AFP un responsable américain qui a demandé l'anonymat.
Selon un diplomate occidental, "l'intégralité des 37 tonnes de 'yellowcake' (minerai d'uranium) iranien a été introduite dans la structure d'enrichissement d'Ispahan, et un volume indéterminé de gaz UF6 a été produit".
"Ils ont tout introduit, et ils pensent avoir jusqu'au 22 novembre pour tout transformer", a ajouté cette source proche de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Cette information a été confirmée à l'AFP par d'autres diplomates proches de l'agence onusienne, dont les inspecteurs seront chargés de vérifier à partir de lundi que les activités d'enrichissement d'uranium sont effectivement suspendues, comme l'a promis Téhéran.
L'Iran a consenti dimanche dernier à suspendre tout enrichissement d'uranium à partir du 22 novembre en échange d'une coopération élargie avec l'Union europénne, lors d'un accord avec la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne.
Selon un officiel américain, le négociateur iranien Hossein Moussavian avait assuré que Téhéran ne chercherait pas à convertir son uranium en gaz UF6 entre la date de cet accord et son entrée en application.
"Mais ce n'était qu'une assurance verbale sans valeur", a affirmé cet officiel qui a dénoncé "la mauvaise foi" de l'Iran.
En septembre, un rapport de l'AIEA selon lequel Téhéran cherchait à transformer les 37 tonnes de yellowcake en sa possession à des fins potentiellement militaires avait conduit la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne à entamer des négociations avec l'Iran pour le convaincre de renoncer à toute activité d'enrichissement, alors que les Etats-Unis souhaitaient des sanctions des Nations unies.
L'Iran a indiqué le 14 octobre qu'il avait introduit 22,5 tonnes de yellowcake dans sa structure d'Ispahan, mais qu'aucune quantité de gaz UF6 n'avait été produite, ce qui avait rassuré l'AIEA, a indiqué récemment celle-ci.
Les 37 tonnes de yellowcake, transformées en UF6 puis en uranium hautement enrichi au moyen de centrifugeuses, pourraient permettre la fabrication de quatre à six bombes nucléaires, selon des spécialistes.
Selon Henry Sokolski, chef du Nonproliferation Policy Education Center, un groupe de réflexion et d'expertise basé à Washington, l'Iran n'a pas violé la lettre de l'accord conclu avec les Européens, puisque la fabrication d'UF6 est intervenue avant le 22 novembre.
"C'est humiliant pour les Européens mais c'est légal. Cela montre que l'Iran peut jouer au plus fin avec eux", a-t-il estimé.
Les Etats-Unis ont toujours considéré avec scepticisme les tentatives européennes de parvenir à un accord négocié avec Téhéran et souhaitent que l'AIEA, dont les 35 pays membres du Conseil des gouverneurs se réuniront jeudi à Vienne, défère l'Iran devant le Conseil de sécurité des Nations unies, ce que l'AIEA a refusé jusqu'à présent.
L'Iran affirme pour sa part que son programme d'enrichissement d'uranium est à des fins strictement civiles, et a souligné avoir volontairement accepté de le suspendre afin de démontrer sa bonne volonté.

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