07242019Mer

Londres fixe une date limite à l’Iran pour arrêter ses travaux nucléaires

The Guardian

Ewen MacAskill, Kasra Naji à Téhéran et Chris McGreal à Jérusalem

Le gouvernement britannique a fixé hier au mois de novembre un ultimatum à l’Iran pour suspendre toutes ses activités liées à la production de la bombe atomique – une date limite qui marque l’échec de plus d’une année de négociations entre Téhéran et la troïka européenne de la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne.

Le refus par l’Iran de rentrer dans le rang provoquera une nouvelle crise au Moyen-Orient qui se terminera presque à coup sûr devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui pourra opter pour une action punitive.

Bien que l’ultimatum soit destiné à faire pression sur l’Iran, les premiers signes venant de Téhéran sont que le régime théocratique n’a pas l’intention de se soumettre sans condition et qu’il recherche des concessions majeures de l’occident en échange, y compris un accord commercial et un transfert de technologie civile nucléaire.

Un responsable britannique a dit hier que l’Iran devait se rendre conforme avant la réunion du conseil en novembre de l’Agence de l’énergie atomique (AIEA).

« L’Iran a besoin de respecter ses engagements. Nous aimerions qu’il les respecte avant cette date, mais s’il ne le fait pas, l’Iran a besoin de savoir et il a besoin de le savoir maintenant, qu’une décision sera prise en novembre et à ce point on pourra très sérieusement choisir (…) de saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies », a-t-il dit.

« Nous ne pouvons tenir toutes sortes de négociations qui durent pendant des années. A un certain point vous devez décider si ces négociations ont un sens, ou si vous avez besoin de quelque chose d’autre. »

Cette nouvelle position a reçu l’aval des ministres des affaires étrangères britanniques, français et allemand lors d’une réunion aux Pays-Bas pendant le week-end.

Le chancelier allemand, Gerhard Schröder, a mis en garde hier contre les activités nucléaires « extrêmement alarmantes » et le ministre allemand des affaires étrangères, Joschka Fischer, a qualifié la perspective d’une course aux armes nucléaires au Moyen-Orient de « scénario de cauchemar ».

Israël est le seul pays du Moyen-Orient à posséder la bombe atomique.

Une source au sein du gouvernement français a repris les positions britanniques et allemandes, disant que l’Iran avait renié les engagements donnés au trio européen à Téhéran l’an dernier.

Le Etats-Unis, Israël et les Européens avancent tous que l’Iran est engagé secrètement dans la fabrication d’armes nucléaires.

Téhéran a démenti cette accusation, insistant sur le fait que son programme nucléaire est uniquement destiné à la production d’électricité.

La nouvelle position des Européens les rapproche des Etats-Unis, qui a une position dure vis-à-vis de l’Iran et doute depuis longtemps de la politique européenne « d’engagement constructif ».

Si le conseil de sécurité opte pour une action punitive, la démarche qu’il suivra le plus probablement sera des sanctions (…)

L’Iran cette semaine a offert quelques concessions avant la réunion de l’AIEA. Mais le responsable britannique a indiqué qu’il était tard et qu’elles n’étaient pas claires ou étaient simplement formelles.

Hier Ali Chamkhani, le ministre de la défense iranien a déclaré que « l’Iran ne fera pas la paix en offrant des concessions. »

Mardi, M. Chamkhani a parlé de tirs d’essais devant des observateurs du missile Shahab 3 de portée moyenne et capable d’être doté d’ogive nucléaire, alors que des rapports de presse jugeaient que les tirs d’essais du 11 août pourraient n’avoir pas été aussi réussis que le laissent entendre les autorités iraniennes. Le missile est capable d’atteindre Israël (…)


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